Effondrement d'un immeuble résidentiel en Floride: l'intégrité du bâtiment en question

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Après l'effondrement d'un immeuble à Surfside, en Floride, le 24 juin 2021 - CHANDAN KHANNA © 2019 AFP
Après l'effondrement d'un immeuble à Surfside, en Floride, le 24 juin 2021 - CHANDAN KHANNA © 2019 AFP

L'immeuble qui s'est effondré jeudi à Miami faisait l'objet de travaux de remise aux normes et s'était légèrement affaissé, au moins dans les années 1990, selon une étude, alors que se multiplient les questions sur les causes permettant d'expliquer un tel drame rarissime. Des travaux de remise aux normes — qui doivent avoir lieu tous les 40 ans selon la règle en vigueur dans ce comté — étaient en cours avant l'écroulement du bâtiment, notamment sur son toit, a-t-on appris dès jeudi matin auprès de responsables locaux qui semblaient toutefois écarter la possibilité que ces rénovations aient pu causer le sinistre.

Affaissement du sol ou dégâts structurels?

L'attention s'est ensuite portée sur une étude de 2020 montrant que cet immeuble a subi un affaissement "très subtil" dans les années 1990, à une vitesse d'environ 2 millimètres par an entre 1993 et 1999. L'un des auteurs de l'étude, Shimon Wdowinski, professeur à la Florida International University (FIU), a toutefois confié sur CNN ne pas savoir "si l'effondrement était prévisible". "En soi, l'affaissement des sols ne causerait pas l'effondrement d'un immeuble", explique son université dans un communiqué paraphrasant le chercheur.

"Dans ce cas, le signal (d'affaissement) est très localisé sur cet immeuble. Cela signifie que ce n'est pas forcément l'immeuble qui s'est enfoncé dans le sol. Cela peut être l'immeuble qui s'est enfoncé sur lui-même, s'il y avait des dégâts structurels dans le bâtiment", a-t-il expliqué vendredi sur CNN.

L'affaissement des sols mesuré à Miami est beaucoup plus lent que dans d'autres régions du monde aussi étudiées par M. Wdowinski, comme Mexico, qui s'affaisse de 38,1 centimètres par an — soit près de 2.000 fois plus vite —, selon le communiqué de l'université. "Nous n'y avons pas accordé trop d'importance", a confié M. Wdowinski à USA Today, estimant peu probable que les responsables de la ville aient eu connaissance de l'étude avant l'effondrement.

Mais quelques millimètres, "quand ils s'additionnent sur de nombreuses années, ça fait un chiffre élevé", explique Matthys Levy, professeur d'ingénierie à l'université de Columbia, cité par USA Today.

Et lorsqu'une partie du bâtiment s'effondre, cela crée souvent une réaction en chaîne, comme lors des attentats du 11-Septembre, relève-t-il. "Ça ne s'arrête pas, c'est impossible à arrêter. (...) Il n'y a pas d'élément (dans la structure) assez solide pour retenir l'écroulement", décrit M. Levy, qui évoque un mécanisme de "cascade".

Les médias américains rapportent également qu'une plainte avait été déposée en 2015 par le propriétaire d'un bien dans l'immeuble, selon qui un mur extérieur était touché par des fissures et dégâts des eaux.

"Dans ce genre de cas, les ingénieurs spécialistes des structures (...) examinent les plans, la façon dont l'immeuble a été construit, prélèvent des échantillons d'acier, de ciment, examinent les signes de corrosion", a décrit un autre expert de l'FIU, Atorod Azizinamini, spécialiste en infrastructure. Un processus qui "prend du temps" et ne sera pas terminé au bout de quelques "jours" ni "semaines".

Article original publié sur BFMTV.com

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