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Education: grève et audition à l'Assemblée pour Oudéa-Castéra, sur la sellette

La ministre de l'Education et des Sports Amélie Oudéa-Castéra à l'Assemblée nationale, le 5 février 2024 à Paris (Thomas SAMSON)
La ministre de l'Education et des Sports Amélie Oudéa-Castéra à l'Assemblée nationale, le 5 février 2024 à Paris (Thomas SAMSON)

La ministre de l'Education et des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, dont le maintien est incertain dans le cadre du remaniement à venir, a affirmé mardi devant les députés qu'opposer école publique et privée était une "guerre d'un autre âge".

"La guerre scolaire, c'est vous qui la ravivez", a-t-elle lancé au député PS Arthur Delaporte sous les chahuts de certains députés criant "François Bayrou", le président du Modem étant pressenti pour la remplacer dans le cadre de la seconde phase du remaniement.

La ministre accusée d'avoir fait la promotion de l'école privée aux dépens du public, fait face une nouvelle grève mardi des enseignants et sera auditionnée dans l'après-midi à l'Assemblée nationale. Elle a été interrogée à trois reprises au cours de la séance des questions au gouvernement du Palais-Bourbon.

Interrogée par le député RN Roger Chudeau, la ministre a semblé se projeter dans ses fonctions.

"Je m'engage à les mettre en œuvre pleinement", a-t-elle déclaré en référence aux engagements du plan France Ruralité sur l'école.

Après une journée d'action qui a mobilisé le 1er février un enseignant sur cinq, selon les chiffres du ministère de l'Education nationale, les syndicats Snes-FSU (principal syndicat dans les collèges et les lycées), CGT et SUD ont appelé mardi à une nouvelle grève pour défendre les salaires et s'opposer à la politique éducative au collège.

Selon des chiffres communiqués par le ministère, 3,2% des enseignants étaient en grève mardi tous niveaux confondus. Dans les collèges, on recensait 9,52% d'enseignants grévistes.

Le Snes-FSU a avancé le chiffre de 40% d'enseignants grévistes dans les collèges mardi.

A Paris, une manifestation de quelques centaines de personnes s'est élancée à 14H00 en direction du ministère.

Sur des pancartes, on pouvait lire: "gare au flop des savoirs", "Gardons la classe, évitons de classer" ou encore "République ou ré-privée?".

Dans le viseur des syndicats: l'application pour l'année scolaire prochaine des réformes du "choc des savoirs" censées relever le niveau des élèves, annoncées par Gabriel Attal et notamment la mise en place des groupes de niveau en français et en mathématiques en classes de 6e et 5e.

"On refuse de trier nos élèves, de les stigmatiser. J'ai passé le concours il y a deux ans, si j'avais su qu'on en viendrait là, je ne l'aurais pas fait", a témoigné auprès de l'AFP Monia, professeur de français au collège Sonia-Delaunay à Grigny (Essonne).

Les textes officiels mettant en place ces groupes de niveau au collège seront présentés jeudi dans une instance consultative rassemblant les organisations de l'Education nationale.

Plus largement, les syndicats Sud Education, Unsa Education, FSU, Sgen-CFDT et CGT Educ'action ont appelé à une "semaine d'actions du 5 au 9 février" pour "défendre l'école publique, exiger l’ouverture de discussions immédiates sur les salaires ainsi que l'abandon des mesures +chocs des savoirs+".

Confrontée à des polémiques à répétition depuis sa nomination le 11 janvier, Amélie Oudéa-Castéra devra aussi répondre mardi aux questions des députés de la commission des Affaires culturelles et de l'Education de l'Assemblée nationale sur son action, lors d'une audition à 16H30.

La nomination de la deuxième moitié du gouvernement de M. Attal est toujours attendue, et l'hypothèse d'un retour rue de Grenelle du président du MoDem, François Bayrou, pour remplacer Mme Oudéa-Castéra enfle.

La porte-parole du gouvernement, Prisca Thevenot, a assuré mardi que la ministre de l'Education nationale était "pleinement à sa tâche".

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