Edouard Philippe, au nom du père

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Dans «Le Sioux», biographie de Bérengère Bonte qui lui est consacré, l'ex-Premier ministre se confie sur son père disparu. 

Si le Philippe post-2014 nous est familier grâce à la caméra de Laurent Cibien, sa jeunesse l’est moins. Dans «Le Sioux», riche de rencontres, du Havre à Paris en passant par Bonn, Bérengère Bonte nous emmène sur les hauteurs de Rouen, à Grand’Mare, où est né, en 1970, Edouard, fils d’Anne-Marie et Patrick, enseignants à gauche tendance «rad-soc», cadet d’Anne Claire.

Athée, franc-maçon, traducteur de Dante, Patrick Philippe aime l’éducation, pas l’Education nationale et considère qu’on peut tout aborder avec un enfant. Les discussions à table le soir, sans écran, sont «sans tabou», insiste l’ex-Premier ministre. «Quand j’ai demandé son salaire à mon père, il me l’a dit …On parlait de façon très libre».

"J’ai l’impression que je lui parle tous les jours"

Le diabète qui ronge Patrick Philippe depuis l’âge de 14 ans bouscule le quotidien familial. Ses enfants et même leurs copains savent depuis toujours comment guetter les signaux d’alerte pour prévenir les crises d’hypoglycémie, voire les comas diabétiques. La communication père-fils est compliquée «un gène propre à la famille Philippe». Il faudra au maire du Havre obtenir l’ENA pour ressentir pour la première fois la fierté paternelle. «C’est l’une des très rares fois où je l’ai vu me dire quelque chose qui n’était pas bémolisé, confie-t-il à l’auteure. Ce jour-là, il a dit : "C’est bien, je suis fier". En général, il disait : "C’est pas mal"».

En septembre 2014, durant la campagne des primaires, le père «bluffe» le fils. Déjà amputé d’un orteil, puis d’une moitié de pied et sous la menace d’une nouvelle amputation, il arrête les dialyses et s’éteint quelques jours après. «Ca suffit comme ça, lui a-t-il dit, je ne vais pas partir en morceaux». «Il quitte une vie qui(...)


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