EDITO. "They’ve got a problem" et le lancement d’Artemis vers la Lune n’a pas eu lieu

Crédit NASA

Il faudra encore attendre pour voir décoller SLS, la plus puissante fusée de l'histoire : un report qui déçoit, mais qui est aussi un grand classique dans le business du spatial.

Carrrramba, c’est raté. La Nasa avait rameuté la Terre entière et plus de 200.000 fans de spatial à distance raisonnable du pas de tir pour le lancement d’Artemis1, ce lundi 29 août 2022, depuis le centre spatial Kennedy. Et puis, "they’ve got a problem" (il y a eu un problème) a sobrement commenté Bill Nelson, l’administrateur de l’agence spatiale américaine. Problème de fuite d'hydrogène et de température trop élevée d'un des quatre moteurs de la plus puissante fusée jamais construite. Donc report, possiblement au 2 septembre. "Nous ne lançons pas avant que tout soit conforme", a-t-il martelé.

L'administrateur de la Nasa est un ancien astronaute

Mieux vaut ça qu’un véritable ratage genre explosion de Challenger, même s’il n’y avait aucun humain à bord. Et pour un vol test, avec passage autour de la Lune de la capsule Orion avant retour sur terre, mieux vaut ne pas se rater. De fait, avec les lancements de fusée, a fortiori d’un nouveau modèle, qu’il y ait report n’a rien d’extraordinaire, "cela fait partie du business de l’espace". Bill Nelson s’y connaît, qui avait volé sur Columbia en janvier 1986 et a rappelé qu’il y avait eu "quatre départs annulés" avant qu'à la 5ème tentative ait enfin lieu le lancement de ce 24ème vol de navette américaine. Monsieur l’administrateur s’y connaît aussi en catastrophes. Columbia, dix-sept ans plus tard, en février 2003, s’est désintégrée au-dessus du Texas lors de sa rentrée dans l’atmosphère. Problème de bouclier thermique endommagé, la navette n’était plus protégée des hautes températures lorsque l’engin frotte violemment contre les molécules de l’atmosphère. Sans oublier l’explosion de la navette Challenger, 73 secondes après le décollage, le 28 janvier 1986, dix jours seulement après le retour sur terre du vol à bord duquel se trouvait Bill Nelson. Problème de joint torique sur un propulseur d’appoint à poudre, incendie, déviation de trajectoire fatal. Dire qu’il faut avoir le cœur bien accroché est un euphémisme. Mais, dé[...]

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