EDITO. Macron, tempête sous un crâne

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Il fallait s'y attendre : le Président est atteint et c'est la France qui tousse. Dans un pays de plus en plus taraudé par la détestation des élites et l'obsession égalitaire, on ne se préoccupe du mauvais sort des dirigeants que pour le leur reprocher. Comme le nombre de masques, la date de la vaccination ou la fiabilité des tests, la contamination ­d'Emmanuel Macron est donc devenue un sujet de polémique plutôt qu'un objet d'inquiétude.

Le chef de l'État est-il trop tactile avec ses interlocuteurs? En période d'épidémie, sans doute. A-t‑il raison de tenir des dîners à dix à l'Élysée quand les experts déconseillent les agapes à plus de six? Probablement pas. Mais là n'est pas l'essentiel et se focaliser sur une "négligence" qu'il a lui-même admise pour justifier un relâchement général serait intellectuellement absurde et sanitairement dangereux. Osons dire au contraire que son cas devrait servir de leçon : nul n'est au-dessus du virus même en croyant observer les consignes principales – et combien sommes-nous à les respecter toutes?

L'apaisement ou le ressaisissement? 

Au-delà, la maladie présidentielle (qu'on lui souhaite bénigne) révèle des symptômes politiques dignes d'attention. Surprise, Macron ressemble aux ­Français plus qu'ils ne le croient, et peut-être plus qu'il ne le sait. Exigeant avec tous mais indulgent avec lui-même, insouciant jusqu'à l'imprudence, n'est-ce pas le tempérament de ces "Gaulois réfractaires" qu'il vient d'afficher après l'avoir déploré? Si le c...


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