EDITO. L'infini, dans la série "les indispensables" de Sciences et Avenir

Le numéro "L'infini" de la série "Les indispensables" de Sciences et Avenir est actuellement en vente. Edito par Vincent Réa.

Combien y a-t-il de nombres ? Quelle est la taille de l’Univers ? Et la longueur d’une droite ? À ces questions qui surgissent dès l’enfance, l’infini apporte une réponse satisfaisante. Peut-être même réconfortante – bien nommer les choses, c’est sans doute ajouter au bonheur du monde. Mais à y regarder de plus près, il côtoie de vertigineux abîmes… « Il faut être prudent, car ce terme est extrêmement ambigu », alerte l’historien des sciences Michel Blay.

La folie de Georg Cantor

Ambigu, et historiquement dangereux. Il a envoyé au bûcher le moine Giordano Bruno et conduit le mathématicien Georg Cantor à la folie. Le premier avait esquissé la possibilité d’une infinité d’univers – une offense à Dieu pour les théologiens du XVIe siècle –, le second mis en évidence l’existence d’une infinité… d’infinis. Avec lui, le concept est définitivement sorti du champ métaphysique pour entrer au royaume de la science et ouvrir la voie aux mathématiques modernes. Depuis des siècles, savants et chercheurs tentent donc de le dompter. Car il peut précipiter vers la catastrophe. Voyons les physiciens, qui s’en méfient comme de la peste. Qu’une théorie débouche sur l’infini, et elle se retrouve inapte à décrire le monde, constatent à l’unisson les cosmologistes Trinh Xuan Thuan et Jean-Philippe Uzan, ou encore le physicien Pierre Marage.

D’où leur art consommé du contournement, quand il s’agit de penser des singularités comme le Big Bang et les trous noirs, aux densités et températures incommensurables. "Contrairement aux mathématiciens, nous ne jonglons pas avec l’infini, dit le premier. On peut avancer que l’Univers est infini, mais en se basant sur une quantité d’atomes finie". Vertige et paradoxe. Redescendons sur Terre… où l’on a tendance à employer le terme à tort et à travers. Qu’il s’agisse du nombre de combinaisons au jeu de go, de la plasticité de notre cerveau, de la puissance des supercalculateurs exaflopiques, ou d’internet qui donnerait accès à une connaissance sans limit[...]

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