EDITO. Les juges sont souvent impitoyables avec les pouvoirs, sauf avec le leur

Bonjour Hervé Gattegno. Vous revenez ce matin sur cette avalanche d’affaires qui mettent en cause le fonctionnement de la justice dans les affaires touchant des politiques. La semaine dernière c’était l’affaire Fillon, maintenant c’est l’une des affaires Sarkozy. D’après vous, qu’est-ce qui se passe? Est-ce que c’est la revanche des politiques?
Qu’il y ait une volonté des politiques de faire payer aux juges les coups qu’ils leur ont porté, ça ne fait aucun doute – disons que c’est un opportunisme compréhensible. Pour autant, on ne peut pas dire que les politiques soient vraiment à la manœuvre. Au départ, ce sont les déclarations de l’ancienne chef du parquet national financier (PNF) qui ont provoqué la crise actuelle. Elle a parlé de "pressions" pour accélérer l’affaire Fillon, et ce que ça a accéléré, c’est la remontée de secrets enfouis au sein de la haute magistrature – avec des rivalités entre juges, des signes de politisation inquiétants, des manœuvres qui parfois sont au-delà des limites acceptables dans un état de droit. On a longtemps considéré que les politiques étaient mieux traités que les citoyens ordinaires par la justice ; ce n’est plus du tout le cas, c’est même parfois l’inverse. On a coutume de dire que la justice doit être aveugle : ça veut dire précisément qu’elle doit juger indifféremment les puissants et les faibles – pas que les magistrats doivent se laisser aveugler… par ses préjugés.

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