EDITO. Face à Marine Le Pen, Gérald Darmanin a raté sa cible

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Vous revenez sur les suites du débat télévisé, jeudi soir, entre Gérald Darmanin et Marine Le Pen. Le ministre de l’Intérieur a dit que la présidente du Rassemblement national n’était "pas assez dure" contre l’islamisme et ça a troublé une partie de la majorité. D’après vous, c’était un calcul ou une faute?
Les deux. Gérald Darmanin avait décidé de prendre Marine Le Pen à son propre piège, en montrant que pour lutter contre l’islamisme, elle n’a que des propositions – et parfois des incantations – alors que lui prétend avoir des solutions. Sauf que, ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que Marine Le Pen avait prévu, elle aussi, de le prendre à revers, par exemple en disant qu’elle aurait pu cosigner le livre qu’il vient de publier sur la question du séparatisme. Du coup, il s’est trouvé embarqué dans une surenchère malhabile : au lieu de montrer qu’il pouvait être efficace alors que Marine Le Pen ne le serait pas, il a donné l’impression qu’entre eux, c’était Marine Le Pen la plus raisonnable, et lui le plus radical. Il est passé de la dédiabolisation à la banalisation. C’est ce qui s’appelle rater sa cible.

Mais est-ce que Marine Le Pen gagne forcément à apparaître plus raisonnable? Est-ce que vous diriez, comme certains commentateurs cette semaine, qu’elle s’est "présidentialisée"?
Pas du tout. Elle avait choisi cette posture, et à son corps défendant, Gérald Darmanin l’a aidée à jouer ce rôle. Mais quand on écoutait bien ce qu’elle disait dans ce débat, ce n’était que des g...


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