EDITO. "Emmanuel Macron n'a pas voulu d'un continuum avec ses prédécesseurs ; il a eu un capharnaüm"

Bonjour Hervé Gattegno. Vous revenez sur le malaise interne de la majorité après l’épisode de l’amendement sur le congé de deuil accordé après la mort d’un enfant. Et vous y voyez, vous, le signe d’un problème plus profond, lié au président de la République lui-même…
Oui, c’est un signe de plus des dysfonctionnements internes du macronisme. On avait pensé, après son élection, qu’Emmanuel Macron était habité par un "esprit de système" - les uns s’en félicitaient, les autres s’en inquiétaient. Après deux ans et demi au pouvoir, on a plutôt l’impression qu’il n’y a pas de système Macron. Il y a un pouvoir composite, une organisation fluctuante et un cap idéologique difficile à définir. On parle facilement – trop facilement – de "président des riches" alors que certaines réformes (y compris celle des retraites) tirent plutôt à gauche – il a revalorisé comme jamais tous les minima sociaux. On lui reproche à la fois d’être autoritaire et de laisser s’installer le désordre. En réalité, il a une majorité qui tire à hue et à dia, un gouvernement qui n’a pas de fil à plomb et un parti… qui n’est pas un parti. 

Et d’après vous, qu’est-ce qui fait qu’on en est là : est-ce qu’Emmanuel Macron n’a pas voulu d’un tel système ou est-ce qu’il n’a pas su le mettre en place?
Sûrement les deux. Le macronisme est un amateurisme. Avec son élection, les Français ont fait le choix du renouvellement ; il y avait un prix à payer, celui de l’inexpérience. Ensuite, il y a le fait qu’Emmanuel Macron vou...


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