EDITO. Darmanin voulait faire un bon coup, et c’est lui qui en a pris un

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Bonjour Hervé Gattegno. Vous revenez sur l’imbroglio de cette fin de semaine, autour de l’article 24 du projet de loi sur la « sécurité globale ». Il a été adopté vendredi soir, mais pour vous, il va laisser des traces et nuire au gouvernement. Pourquoi?
Oui c’est ce qu’on appelle une victoire à la Pyrrhus : quand le succès coûte aussi cher qu’une défaite. L’article 24 a été contesté, réécrit, voté. Mais à l’arrivée, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, en sort diminué. Le texte prévoit l’interdiction de diffuser des images montrant des policiers dans un but malveillant – c’est-à-dire par exemple pour les désigner à la vindicte, appeler à la violence contre eux. C’est une intention respectable mais en réalité, il y a déjà des condamnations dans des cas de ce type, ça prouve que les textes existent. Le ministre le savait, mais la vérité, c’est qu’il voulait complaire aux syndicats de policiers, et avec eux aux électeurs de droite. Et l’affaire lui est revenue comme un boomerang. Donc il voulait faire un bon coup, et c’est lui qui en a pris un. 

Mais si je vous entends bien, on peut se demander si cette affaire méritait une telle polémique : il y avait des arrière-pensées politiques des deux côtés, non?
C’est sûr, mais on ne peut pas reprocher aux opposants de s’opposer – surtout quand le ministre enchaîne les maladresses. Quand les critiques ont commencé à monter, Gérald Darmanin a évoqué l’idée de "flouter" les visages des policiers sur les images alors que le proje...


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