EDITO. En défendant les caricatures de Charlie, ce n’est pas le blasphème que l’on défend, c’est la liberté

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Bonjour Hervé Gattegno. Vous revenez sur l’entretien accordé hier par Emmanuel Macron à la chaîne Al-Jazira. Il a vivement dénoncé la campagne anti-française qui agite une partie du monde arabe depuis son discours des Mureaux sur le séparatisme islamiste. Est-ce que vous y voyez un risque d’escalade ou une tentative d’apaisement?
J’y vois une intervention assez habile, par le choix d’Al-Jazira pour parler directement à l’opinion arabe, et plutôt déterminée pour ce qui est du message. Emmanuel Macron voulait marquer une position ferme pour répliquer aux injures et aux menaces qui visent notre pays depuis quelques jours – des drapeaux qu’on brûle, des appels au meurtre, au Pakistan, au Bengladesh, dans les territoires palestiniens… Toute cette vindicte, qui est partie du président turc Erdogan et qui présente la France comme l’ennemi des musulmans parce qu’on y combat l’islamisme. C’est évidemment une manipulation grossière qu’il faut dénoncer parce qu’elle ne vise qu’à attiser la haine et qu’elle revient à confondre chaque musulman avec un fanatique. Il y a autour de 5 millions de musulmans dans notre pays, la quasi-totalité vivent en paix et ne sont évidemment pas persécutés. Tout ce débat est parti de la publication des fameuses caricatures du prophète ; il ne faut pas le laisser devenir… caricatural.

Emmanuel Macron a défendu le modèle de la laïcité à la française, "qui donne lieu à tant de malentendus" a-t-il dit. Est-ce que c’est cela que visent réellement les terroris...


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