Economie portugaise : la vigueur après la rigueur ?

Libération.fr

Le pays, qui a largement souffert de la crise de 2008, a eu un déficit public de seulement 2 % en 2016, du jamais vu depuis 1974.

Un déficit public de 1 % en 2018, puis l’équilibre budgétaire en 2020 : de tels objectifs étaient impensables pour le Portugal il y a un an et demi, quand la gauche plurielle est arrivée au pouvoir. Ce pari audacieux est pourtant au cœur du programme de stabilité adopté le 13 avril par Lisbonne, qui s’apprête à le soumettre à Bruxelles.

Le pays affiche un déficit public au plus bas depuis 1974 : 2 % pour 2016. C’est loin de l’excédent budgétaire de l’Allemagne, mais mieux que son voisin espagnol, qui enregistre un déficit de 4,5 % du PIB, ou que la France avec 3,4 %. Le Premier ministre socialiste, António Costa, a réussi un tour de force : juguler les déficits tout en redonnant du pouvoir d’achat aux Portugais en augmentant le salaire minimum et les prestations sociales. «Nous avons l’occasion d’en finir avec la théorie selon laquelle l’Europe est condamnée à un avenir fait uniquement d’austérité. Le modèle portugais est une recette exportable dans tout le continent», a assuré le ministre des Finances, Mário Centeno.

António Costa a été mis en selle en novembre 2015 grâce à une alliance inédite entre socialistes, communistes et anticapitalistes du Bloco de Esquerda. Il a détricoté nombre de mesures de rigueur adoptées par la droite après l’appel du pays à une aide financière internationale en 2011. Le gouvernement est ainsi revenu sur la privatisation de la compagnie aérienne TAP, a mis fin aux surtaxes sur les revenus et instauré le retour aux 35 heures dans la fonction publique.

La prévision de croissance a même été revue à la hausse le 13 avril, passant de 1,5 % à 1,8 %. Tirée par les exportations, elle a bénéficié du boom du tourisme, qui a battu des records avec des recettes de 12,7 milliards d’euros et un quart des emplois créés en 2016. Le taux de chômage est quant à lui descendu à 10 %, au plus bas depuis 2009. Du coup, l’état de (...)

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