Ecole musulmane en Savoie: le gouvernement dépose un amendement au projet de loi "séparatisme"

Mélanie Rostagnat avec AFP
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Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, le 27 janvier 2021 à Paris  - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, le 27 janvier 2021 à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Le gouvernement a déposé ce lundi un amendement de dernière minute au projet de loi sur le séparatisme, examiné en première lecture au Sénat, pour permettre au préfet de s'opposer à l'ouverture d'écoles hors contrat soutenues par un Etat étranger "hostile" à la République. La chambre haute a donné son feu vert à cet amendement en début de soirée, avec 243 voix pour et 28 contre.

"Cet outil législatif nouveau permettra de s'opposer à l'ouverture d'écoles comme celle d'Albertville par le Millî Görüs", a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. Il a été déposé à la demande d'Emmanuel Macron, a précisé le ministre Gérald Darmanin sur son compte Twitter.

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Polémique autour de la construction d'une école musulmane privée en Savoie

Le préfet peut s'opposer à l'ouverture d'un établissement privé "pour des motifs tirés des relations internationales de la France ou de la défense de sa souveraineté", selon le texte de l'amendement déposé par le gouvernement.

Cet amendement du gouvernement s'inscrit directement dans l'actualité du week-end. Une polémique enfle après la décision du tribunal administratif de Grenoble qui a obligé le maire d'Albertville, en Savoie, à autoriser la construction d'une école primaire privée à l'initiative de la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG), proche de la Turquie.

La décision annule le refus du permis de construire, qui avait été déposé en 2019 par l'association pour implanter une école de 400 élèves dans cette ville d'environ 20.000 habitants. Le tribunal a estimé que les motifs avancés par la mairie, portant notamment sur les places de stationnement, n'étaient pas recevables.

Un projet "démesuré" et "séparatiste"

Pour le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez (LR), cet amendement gouvernemental est une "première avancée concrète".

"Notre cri d'alerte a permis de faire avancer les choses", s'est-il réjoui sur BFMTV, tout en demandant à ce que soit clarifié le fonctionnement de Millî Görüs.

Il a cependant modéré son enthousiasme en réclamant que le projet "concrètement soit bloqué".

Le préfet de Savoie Pascal Bolot a souhaité dimanche un appel contre le jugement, dans une interview au quotidien Le Dauphiné Libéré, s'élevant contre un projet "démesuré" et "séparatiste".

Article original publié sur BFMTV.com