Échinococcose alvéolaire : comment un ver parasite a traversé l'Europe... à cause des renards

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Les hôtes de prédilection du parasite Echinococcus multilocularis sont les renards

Un groupe international de scientifiques explique comment les renards ont transporté les vers responsables de l’échinococcose alvéolaire en France et à travers l’Europe.

Les cas d’échinococcose alvéolaire sont rares en France, mais les conséquences sont parfois très graves pour l’Homme et nécessitent la prise de médicament à vie. Depuis une trentaine d’années, les cas ne se cantonnent plus aux régions alpines de la France, de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Autriche. Les signalements dans d’autres régions françaises, aux Pays-Bas ou en Croatie ont poussé des scientifiques, sous la direction de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), à s’intéresser de plus près à la maladie.

Une maladie qui détruit le foie

L’échinococcose alvéolaire est une maladie parasitaire provoquée par Echinococcus multilocularis qui peut passer de l’animal à l’Homme. Les hôtes de prédilection du parasite sont les renards et les rongeurs. Une fois infectés, les animaux excrètent des œufs du parasite dans leurs déjections qui contaminent les végétaux. "L’Homme peut être infecté accidentellement par exemple en mangeant des fruits cueillis près du sol ou des légumes crus ou en touchant le pelage de chiens ou de chats infectés qui ont mangé des rongeurs", détaille l’Anses.

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Généralement, les contaminations n’aboutissent pas au développement de la maladie, mais si c’est le cas, l’échinococcose alvéolaire détruit le foie et peut se propager à d’autres organes. Les médicaments disponibles pour la traiter permettent de bloquer le développement du parasite mais ne l’élimine pas. Sans traitement, la maladie peut être mortelle.

Une quarantaine de cas chaque année en France

"Comprendre comment le ver s’est déplacé permet d’anticiper la possibilité de cas d’échinococcose alvéolaire dans des endroits où la maladie n’est pas connue historiquement", explique Gérald Umhang, responsable du laboratoire national de référence sur Echinococcus spp. Dans leur étude, publiée dans la revue Infection, Genetics and Evolution, les scientifiques ont donc cherché à savoir si l’expansion géographique du parasite sur tout le continent européen s’était réalisée uniquement à partir du foyer historique alpin ou également à partir du foyer asiatique.

Les résultats de leur recherche montrent que parmi les 528 échantillons analysés provenant des neuf pays de l’Europe de l’Est, tous étaient d’origine européenne, à l’exception d’un seul, prélevé dans la partie européenne de la Russie. Le parasite s’est donc déplacé des Alpes vers la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie, puis a atteint la partie sud de la Pologne, avant de se propager en direction des pays baltes et de l’Ukraine.

"Nous avons vu que la présence des souches asiatiques en Europe est très ponctuelle, précise Gérald Umhang. Les deux souches se mélangent dans la partie asiatique de la Turquie, en Pologne et dans la partie européenne de la Russie, mais la souche asiatique n‘a pas été identifiée au-delà."

En France, une quarantaine de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Le Sud semble être épargné : aucun cas n’y a été détecté. Les conditions climatiques impactent en effet la survie des œufs dans l’environnement et limitent l'expansion des vers.

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