Ebola : tout ce qu'il faut savoir sur le virus et sa résurgence en Guinée

Maxime Poul
·4 min de lecture
Pour faire face à la fièvre hémorragique Ebola, la Commission européenne a récemment accordé des autorisations de mise sur le marché à la société Janssen, une société Johnson & Johnson.

Cinq ans après la fin de l'épidémie meurtrière en Afrique de l'Ouest, le virus Ebola a refait son apparition en Guinée. Le pays dans lequel avait débuté l'épidémie en décembre 2013 a signalé 8 cas et au moins 3 décès. Que sait-on de ce virus dévastateur ?

C'est une bien mauvaise nouvelle qui frappe la Guinée et l'Afrique de l'Ouest. Cinq ans après la fin de l'épidémie qui a causé la mort de plus de 11 000 personnes entre 2013 et 2016, la maladie Ebola a refait son apparition en Guinée. De bien mauvais souvenirs ressurgissent quand on sait que l'épidémie de 2014, qui fut la plus meurtrière depuis la découverte du virus en 1976, avait également débuté en Guinée et avait fait plus de 2500 morts dans le pays.

Le 28 janvier dernier, une infirmière du centre de santé de Gouéké est décédée de la maladie. Suite à son enterrement, six personnes ayant assisté aux funérailles ont signalé des symptômes de type Ebola et deux d'entre elles sont décédées, et les quatre autres ont été hospitalisées selon l'OMS.

Létalité, transmission et symptômes

Lors de l'épidémie débutée en 2013, le taux de létalité de cette fièvre hémorragique était de 55%, soit plus de 50 fois plus élevé que celui du Covid-19, évalué à 1%. Un taux qui a même atteint les 90% lors de certaines épidémies d'après l'OMS. Si le virus Ebola est donc l'un des plus mortels de la planète, il est en revanche moins transmissible que le Covid-19. Le virus se transmet entre humains par contacts directs avec des fluides corporels d'une personne contaminée comme le sang, la salive, l'urine, la sueur, les selles et les vomissures des personnes infectées, vivantes ou non. Contrairement au coronavirus, il ne se transmet pas par voie aérienne et respiratoire.

La période d'incubation du virus varie de 2 à 21 jours, avec une moyenne de 7 jours. Les premiers jours, le patient souffre de symptômes grippaux tels que la toux, des courbatures ou de la fatigue, puis il est atteint de vomissements et d'hémorragies internes et externes. En moyenne, un patient décède au bout de 20 jours du virus Ebola, d'un dysfonctionnement organique général. Chez les survivants, des séquelles telles que l'arthrite, des problèmes de vue ou encore des troubles de l'audition ont été fréquemment observées.

Traitements et vaccins

Aucun traitement curatif n'a été développé et n'est disponible sur le marché mais plusieurs sont en phase d'étude clinique chez l'homme. Cependant, d'après le site du ministère de la Santé, une prise en charge précoce axée sur la réhydratation et le traitement symptomatique améliore les taux de survie des malades.

Un vaccin expérimental contre le virus fabriqué par le groupe américain Merck Shape and Dohme (MSD) s’est montré très protecteur à l'occasion d’un essai clinique de grande ampleur mené en Guinée.

Préqualifié en novembre 2019 par l'OMS, il a été homologué par la Food and drug administration des États-Unis ainsi que dans huit pays africains. Il a déjà été utilisé à plus de 300 000 doses dans une campagne de vaccination ciblée lors de la dernière épidémie en République Démocratique du Congo. Un autre vaccin expérimental développé par le laboratoire américain Johnson&Johnson a été introduit en octobre 2019 à titre préventif dans les zones où il n’y a pas de transmission active de la maladie.

Doit-on craindre une épidémie comme celle de 2013 ?

Partie en décembre 2013 du sud de la Guinée, l'épidémie la plus violente d'Ebola a duré 2 ans et demi et s'est propagée aux pays voisins de l'Afrique de l'Ouest comme le Libéria ou le Sierra Leone qui ont à eux trois, avec la Guinée, comptabilisé 99% des décès de cette épidémie. C'est également la seule et unique fois que ce virus s'est propagé en dehors de l'Afrique (États-Unis, Royaume-Uni, Italie et Espagne).

Moins contagieuse que le coronavirus, cette épidémie d'Ebola ne devrait pas être la plus meurtrière. Premièrement, des vaccins sont désormais disponibles et des leçons ont été tirées de l'épidémie de 2013. "À l'époque, on avait mis trois mois et demi pour le diagnostic, alors que cette fois-ci on a mis moins de deux semaines", rappelle Sakoba Keïta, le directeur général de l'agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) guinéenne. Le patient zéro a semble-t-il déjà été identifié et les personnes présentes à son enterrement qui ont présenté des symptômes sont suivies.

De son côté, l'OMS a déclaré qu'elle allait "rapidement" déployé des moyens, notamment des doses de vaccin, pour aider la Guinée qui n'avait pas enregistré de décès lié à Ebola depuis 2016. Le Libéria, fortement touché lors de l'épidémie de 2014, a très rapidement annoncé un renforcement de la surveillance épidémiologique ainsi que la mise en place de "mesures préventives". En RDC, où le virus a le plus frappé depuis la découverte de la maladie en 1976, la 11e et dernière épidémie s'est achevée en novembre 2020, mais le pays a annoncé la semaine dernière la découverte de nouveaux cas.

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