DVD/ «Propriété privée», défense d’hanter

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Le thriller de Leslie Stevens, tourné dans sa demeure en 1960, met en exergue les angoisses de l’American way of life tout en s’inspirant des motifs hitchcockiens.

Comment pénétrer l’intimité d’un foyer auquel on est étranger ? Réponses : 1) par l’indiscrétion du regard 2) par le charme et la ruse invitant à la confiance 3) par effraction. Autrement dit, par le voyeurisme, la séduction ou la violence. Terreau au cinéma de Hitchcock - de Fenêtre sur cour à Psychose -, ces trois éléments mettent en exergue les angoisses d’une Amérique rivée à son bien-être domestique, mais terrifiée par la figure invasive de l’intrus menaçant la propriété et la vie privée.

C’est en creusant ces motifs hitchcockiens (voyeurisme, séduction, violence), que Leslie Stevens - qui s’illustrera surtout comme producteur de séries télévisées telles qu’Au-delà du réel, l’Homme invisible… - réalise son premier film pour le cinéma, Propriété privée (1960). Excellent thriller malsain et anxiogène, exhumé des oubliettes et disponible dans une superbe version restaurée exaltant son noir et blanc soyeux.

Luxueuse villa. Tourné en une dizaine de jours avec un budget dérisoire dans la propre maison du cinéaste à Los Angeles, le film déploie un récit tendu à partir d’un scénario squelettique : deux petites frappes désœuvrées jettent leur dévolu sur une jeune femme aisée, la suivent jusqu’à sa luxueuse villa, l’épient depuis une bâtisse voisine inhabitée, et finissent par s’inviter chez elle pour tenter d’abuser de ses charmes… Dans le rôle des zonards, Corey Allen, rompu aux figures de sales types chez Nicholas Ray (la Fureur de vivre, Traquenard), campe un Duke inquiétant et manipulateur, et Warren Oates, qui n’avait pas encore croisé la route de Sam Peckinpah, trouve sous les traits de Boots, jeune gars un peu fruste à la sexualité incertaine, un premier emploi à sa mesure. Ironie ou cruauté, Stevens confie le rôle de la proie, Ann, à sa propre épouse Kate Manx, blonde lascive, parfaite en bourgeoise (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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