«Duty to warn»: pourquoi les États-Unis ont averti la Russie avant l’attentat de Moscou

Quinze jours avant l’attaque du Crocus City Hall par des terroristes tadjiks du groupe État islamique au Khorassan, Washington avait averti Moscou de l’imminence d’une attaque. Un partage d’informations auquel les renseignements américains s’astreignent même si la menace vise un pays considéré comme rival, dans le cadre de la doctrine « Duty to warn ».

C’est une petite phrase du porte-parole du département de la Défense des États-Unis qui a pu passer inaperçue après l’attentat terroriste qui a coûté la vie à 143 personnes au Crocus City Hall de Moscou, mais qui en dit beaucoup sur la doctrine du renseignement américain quant au partage d’informations sur de potentielles menaces terroristes. « Nous avions le devoir de les avertir des informations que nous avions et que clairement ils n’avaient pas », déclarait John Kirby le 25 mars devant la presse.

Car les renseignements américains savaient qu’une menace pesait sur Moscou et ils l’ont fait savoir près de quinze jours avant l’attaque, le 7 mars, en avertissant de façon très claire la Russie que « des extrémistes envisageaient de cibler de grands rassemblements à Moscou, y compris des concerts ». Si les services de renseignement ont choisi de partager ces informations avec un pays rival comme la Russie et malgré leurs antagonismes, c’est en raison d’une doctrine, que John Kirby cite presque sans le vouloir dans sa déclaration, appliquée par les Américains depuis la fin des années 1990 : « the Duty to warn », le « devoir d’avertir ».

Une doctrine formellement établie en 2015


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