La dure campagne des intellos

Libération.fr
Défilé du 1er mai à paris où environ 30.000 personnes étaient réunies lundi à l'appel des syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires, pour un 1er mai marqué par le rejet du Front national et la défense du progrès social.

Tous ou presque se mobilisent contre le FN, mais la présidentielle, entre contestation et discrédit des élites, laisse peu de place au savoir. Comment se faire entendre dans une France saisie par le populisme ?

Confrontés à une situation inédite et insaisissable, ceux que l’on appelle «les intellectuels» paraissent embarrassés, comme si leur intervention n’allait plus de soi. Un PS au plus bas et au bord de l’explosion, un PCF remplacé par La France insoumise dont le leader ne veut pas dire ce qu’il fera dimanche et un Macron qui revendique un surplomb allant du centre gauche au centre droit. Seul repère, le FN contre lequel ils sont rares, à gauche, à ne pas appeler à voter - le démographe Emmanuel Todd va s’abstenir «dans la joie». «Tant que l’élection de Le Pen était tenue pour impossible, je dormais, moi comme les autres. Puis ça a viré, et on nous a dit : "Son élection n’est ni certaine ni même probable, mais elle ne peut être exclue comme auparavant". Là, on change de registre. On passe sous la férule de la contingence, ce qui veut dire : tout peut arriver. Je me suis secoué, j’ai secoué mes collègues et amis», raconte le psychanalyste Jacques-Alain Miller. Mais comment intervenir dans un débat où «toute parole qui renvoie à un mode de gouvernement est décrédibilisée d’avance», estime la philosophe Fabienne Brugère (lire ci-contre) ?

Des résultats cruels

Dans cette campagne présidentielle, les chercheurs de gauche se sont investis. Des économistes, mais aussi des chercheurs en sciences sociales ont irrigué d’idées nouvelles les programmes électoraux, autour de la démocratie participative, des institutions ou de l’Europe. Pour certains, les résultats de dimanche ont été cruels. «On me dit "tu dois être déçue"», écrit la philosophe Sandra Laugier, qui a organisé les «Forums des idées» de la campagne de Benoît Hamon, dans sa tribune publiée sur Libération.fr. «Oui j’étais triste du résultat pour la gauche socialiste. Mais je n’ai pas été (...)

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