Dur, dur d’être un grand petit frère

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Anime. Hosoda face à l’arrivée d’un bébé. Mignon, sans plus.

En trois longs métrages d’animation (la Traversée du temps, Summer Wars et les Enfant loups), Mamoru Hosoda s’est imposé comme une référence pour tous ceux qui espéraient que Hayao Miyazaki n’avait pas tué le game en ne laissant autour de lui qu’un peuple de réalisateurs intimidés par son ombre tutélaire. Par leur ampleur, leur souffle, leur ambition et leur folie, ses films sont déjà des classiques. En 2015, le Garçon et la Bête a semblé marquer un tournant avec un dessin animé plus spécifiquement produit pour les enfants, inflexion que confirme encore Miraï, ma petite sœur présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Le personnage principal est Kun, un garçonnet qui supporte mal l’arrivée d’un bébé qui lui fait concurrence à la maison. Jaloux et colérique, Kun est à plusieurs reprises projeté dans différentes strates de temps parallèle, rencontrant sa sœur devenue une jeune femme qui réclame son respect ou son grand-père, séduisant motard qui lui inculque les joies de l’indépendance. Mais aussi mignon qu’il puisse être, selon un art tout japonais du bambin irrésistible, Kun n’est pas un personnage auquel on peut vraiment s’attacher ou s’identifier. Et on sent que Hosoda travaille pour un public nettement plus jeune que celui qu’il visait autrefois, forçant le trait ou jouant d’effets cheap qui ne lui ressemblent pas. Les préoccupations sont aussi beaucoup plus terre à terre ou banales sur le destin de l’enfant qui doit apprendre à grandir et auquel il n’arrive rien de bien fascinant.

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