Dujardin, Canet, Lanvin: les héritiers à l'écran de Jean-Paul Belmondo

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Jean Dujardin et Jean-Paul Belmondo en 2012 à Bruxelles.  - ERIC LALMAND / BELGA / AFP
Jean Dujardin et Jean-Paul Belmondo en 2012 à Bruxelles. - ERIC LALMAND / BELGA / AFP

C’était l’un des derniers monstres sacrés du cinéma français. Jean-Paul Belmondo, icône du grand écran qui a multiplié les rôles et les films cultes des années 1960 aux années 2000, est mort ce lundi 6 septembre à l’âge de 88 ans. Il laisse derrière lui une filmographie hors du commun marquée par À bout de souffle ou Le Magnifique et une empreinte indélébile sur le septième art, qui se ressent jusqu’aux acteurs qui lui ont succédé; de Jean Dujardin à Guillaume Canet, de nombreuses figures de la nouvelle génération ont confié leur admiration pour "Bébel".

L’acteur de OSS 117, en particulier, a souvent rendu hommage à celui qu’il considère comme un modèle: "Jean-Paul est l'un des derniers héros du cinéma français", confiait-il notamment au micro d’Europe 1 en 2018. “Quand j’étais enfant, je voulais ressembler à un homme comme lui. Un homme enfant.”

Jean Dujardin avait également loué les capacités de résilience de son modèle, terrassé en 2001 par un AVC dont il a mis huit ans à se remettre: “Il faut le voir: il rayonne. C’est un médicament. C’est un exemple de vie. Il faut absolument ressembler à cet homme-là dans sa vie.”

“Le cinéma français à lui tout seul”

L’année précédente, Jean Dujardin avait déjà rendu hommage à Jean-Paul Belmondo sur la scène des César: “Jean-Paul Belmondo est le cinéma français à lui tout seul. La réconciliation des films d’auteur et de la culture populaire (…) c’est le même homme qui a donné le coup d’envoi de la Nouvelle vague et joué les Guignolo suspendu à un hélicoptère en caleçon (…) Quand on est enfant, c’est l’adulte auquel on a envie de ressembler. Et quand on est adulte, on s’aperçoit que c’est un enfant. Ce qui me conduit aujourd’hui à te dire: merci, Jean-Paul.”

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C’était "un grand rassembleur", confiait en novembre dernier son confrère et ami Antoine Duléry dans le documentaire “Jean-Paul Belmondo, l’influenceur”, diffusé sur Paris Première. L’acteur de 61 ans a réalisé un rêve d’enfant en travaillant avec Jean-Paul Belmondo en 1996 pour la pièce de Feydeau La Puce à l’oreille. Depuis, ils ne se sont jamais quittés:

"Moi, par-dessus tout, je voulais être Belmondo!", expliquait-il en avril dernier à Notre Temps. "Devenir acteur était mon rêve."

“C’est avec ces gens-là que j’aurais aimé vivre”

Figure de la Nouvelle vague avant de migrer vers l’action et la comédie, Jean-Paul Belmondo a vécu entouré d’une bande, rencontrée au Conservatoire, qui ne s’est jamais dissoute: Jean-Pierre Marielle, Claude Rich, Bruno Crémer ou encore Jean Rochefort. Le lien qui unissait cette poignée d’acteurs a fait rêver leurs héritiers, comme Gérard Lanvin :

“Jean-Paul est resté ami toute sa vie avec ses potes du conservatoire. C’est avec ces gens-là que j’aurais aimé vivre”, regrettait-il dans le même documentaire. “Dans la génération dont je fais partie, il n’y a pas d’amitiés. Les mecs, tu tournes avec, on se casse et on ne se voit plus.”

Comme Jean Dujardin et Antoine Duléry, il s’était confié sur le modèle que Belmondo a représenté pour sa génération: "Sympathique, drôle, séduisant : il avait toutes les qualités qu’on aurait désiré avoir quand on se sent mal dans sa peau, puisqu’on est un ado".

“Tous des enfants de Belmondo”

De nombreuses figures du cinéma français ont livré des témoignages similaires à l’occasion de ce documentaire signé Jeff Domenech, entre admiration et nostalgie d’une époque révolue: “À l’époque les gens allaient voir Belmondo au cinéma. Aujourd’hui les gens ne se déplacent plus”, analysait Guillaume Canet.

“Avec les séries, avec les films à la télé, la consommation est tellement plus grande que c’est moins événementiel. Avant on attendait le prochain Belmondo, on attendait qu’il sorte. C’était un événement. J’ai l’impression qu’aujourd’hui il n’y a pas d’acteurs de leur trempe. Quand on voit tous les mecs de ma génération, moi y compris (…) il n’y a plus de mystère.”

La toute nouvelle génération, elle aussi, revendique l’empreinte de “Bébel”, comme en témoignait Kev Adams, idole du jeune public âgée de 29 ans, dans le documentaire: “Aucun autre acteur n’a eu une telle influence. Pas seulement sur le cinéma français, mais sur la France, sur les français. Nous sommes tous des enfants de Belmondo.”

Article original publié sur BFMTV.com

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