Le duel, une passion française

Les Trois Mousquetaires, Le Capitaine Fracasse, Les Pardaillan, Le Bossu… le duel hante à ce point l’imaginaire français qu’il a donné naissance au genre littéraire puis cinématographique, dit de cape et d’épée. Bien plus que d’aventures, cette pratique fut pourtant la source de nombre de tragédies.

Le terme « duel » vient du latin duellum, forme ancienne de bellum, qui signifie guerre ou combat. S’il désigne depuis la Renaissance un combat singulier, c’est par rapprochement avec un autre mot latin, dualis, qu’on retrouve dans l’anglais dual et le français double. Cette origine martiale nous ramène en fait aux grands duels de l’Antiquité, celui d’Achille et d’Hector, par exemple, où le combat des chefs vaut autant, à l’échelle symbolique, que celui des armées.

Au Moyen Âge, cette vision héroïque cède le pas au sacré. Le duel est vu comme une forme d’ordalie bilatérale, un jugement de Dieu qui permet de substituer la justice des hommes par un châtiment divin. Cette coutume est remise en cause avec le duel de Jean de Carrouges et de Jacques le Gris, le 20 décembre 1386 à Paris. Le premier a accusé le second d’avoir outragé son épouse et blesse son adversaire en combat singulier devant de nombreux témoins dont le roi Charles VI. Le vaincu est achevé par pendaison.

Du jugement de Dieu au combat pour l’honneur

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Une pratique aristocratique et frondeuse adoptée par la bourgeoisie


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