Duel Ciotti - Retailleau : Les Républicains à droite toute

Duel Ciotti - Retailleau : Les Républicains à droite toute (photo prise le 17 septembre 2022)
CLEMENT MAHOUDEAU / AFP Duel Ciotti - Retailleau : Les Républicains à droite toute (photo prise le 17 septembre 2022)

POLITIQUE - Deux nuances de droite (très) affirmées. Éric Ciotti, le député des Alpes-Maritimes, souvent donné comme favori de la compétition, est arrivé en tête du premier acte de la course à la présidence des Républicains ce dimanche 4 décembre. Il affrontera Bruno Retailleau, le sénateur vendéen, dans une semaine, pour un second tour crucial pour l’avenir du mouvement.

Dans le détail, l’ancien candidat à la primaire recueille 42,7 % des voix qui se sont exprimées ce week-end parmi les adhérents, quand son poursuivant en totalise 34,4 %. Le député du Lot Aurélien Pradié, le troisième homme de cette élection et potentiel faiseur de roi de ce nouveau duel, plafonne lui à 22,2 %. Représentant d’un courant « populaire » aux préoccupations sociales, il est éliminé ce dimanche soir.

Restent donc, dans la compétition, deux visions d’une droite dure, forte ou revendiquée, selon les différents adjectifs et les arguments répétés par les candidats à l’issue du premier tour, rue de Vaugirard, dans le sillage d’une campagne où tous les prétendants n’ont cessé de durcir le ton, soucieux de marquer leur différence avec la macronie, un des enjeux du scrutin interne.

Un choix de « personnalité » plus que de « ligne »

D’un côté, Éric Ciotti et son langage très ferme sur le régalien et l’immigration. Sa candidature plaît dans le Sud-Est et au-delà, comme l’a illustré sa performance à la primaire de 2021 : il s’était alors hissé au second tour, rassemblant près de 40 % des voix face à Valérie Pécresse. À la tribune ce dimanche, le député a rappelé les contours de son « projet fort et clair, de droite » après un score qui peut apparaître décevant, loin d’une victoire espérée au premier tour.

« Nous l’assumons (le projet de droite, NDLR), je le revendique autour de trois piliers porteurs : l’autorité pour restaurer l’ordre républicain, l’identité pour que la France reste la France et la liberté », a ainsi martelé celui qui peut se targuer du soutien (réciproque) de Laurent Wauquiez, face à ses soutiens, tout en appelant au « rassemblement » de sa famille politique.

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De l’autre côté, Bruno Retailleau, le patron des sénateurs Les Républicains, représente pour sa part l’aile conservatrice et libérale du parti dans cette élection. Issu du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, l’élu a martelé son intransigeance sur le régalien au cours de la campagne, et assumé, lui aussi, une ligne « claire, clairement de droite », encore ce dimanche soir. « Ce sont les convictions qui donnent du sens à la politique. Demain, si la droite française porte et assume clairement ce qu’elle est, nous retrouverons la confiance des Français », a-t-il lancé aux militants, sans oublier de jouer la partition du rassemblement qui « ne doit pas se faire au détriment des convictions ».

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Deux discours qui ne démentiront pas les mots de la présidente du parti par intérim Annie Genevard, pour qui « il s’agira plus de différences de personnalités que d’enjeux de ligne » au second tour.

La drague de la majorité reprend

Pas de quoi faire taire, non plus, la petite musique alimentée entre autres par ces lignes très droitières, sur d’éventuels futurs départs des Républicains. En d’autres termes : d’une vague de transferts d’élus réputés plus centristes ou Macron compatible, dans le giron de la majorité présidentielle. Une rhétorique entretenue par la sphère macroniste, qui poursuit depuis cinq ans son entreprise de séduction de la droite… Ou même par Nicolas Sarkozy, lequel ne cesse d’appeler son parti à s’entendre avec le pouvoir en place. Pas franchement l’hypothèse qui se dégage à l’heure actuelle.

Dans ce contexte, certains élus membres de la majorité n’ont pas attendu longtemps pour reprendre leur drague à l’égard des déçus du duel final rue de Vaugirard. « Le futur président des Républicains, que ce soit Éric Ciotti ou Bruno Retailleau, sera le représentant d’une droite dure, dogmatique, enfermée dans une opposition stérile », écrit ainsi sans ambages sur Twitter le sénateur Jean-Pierre Grand, un ancien LR qui a déjà soutenu Emmanuel Macron en 2022. Et d’ajouter, comme un vœu : « Nombreux sont les élus LR qui vont rejoindre Horizons (le parti d’Édouard Philippe, NDLR) ».

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Même prophétie pour un autre ancien cadre des Républicains passé dans le giron de la majorité à cause de « cette droitisation » : « ils n’ont toujours pas compris, la fuite n’est donc pas finie », glisse-t-il au HuffPost en réaction aux résultats.

En ce sens, les mots d’Aurélien Pradié sur la « fidélité » en politique, dans son discours de défaite, ne sont pas un hasard. Le député, qui a pris la parole une heure après ses deux adversaires, sans donner de consigne de vote pour l’instant, a tenu à insister sur le fait que lui et ses soutiens resteront « fidèles » à leur « famille politique ». « Il faudra compter avec les idées que nous portons », a-t-il indiqué, en expliquant qu’il ne se sentirait « jamais macroniste, ni lepéniste, ni zémouriste », comme pour tordre le cou aux potentielles rumeurs de désertion.

Charge désormais à tout ce beau monde de réussir le fameux rassemblement en évitant le spectre d’un nouveau rétrécissement sur soi, malgré l’explosion - souvent trompeuse - des adhésions avant le congrès. Et ce n’est pas gagné : aucune chaîne d’information en continu n’a diffusé l’annonce des résultats de ce premier tour en direct. Sur les réseaux sociaux, environ un millier de personnes ont assisté au discours d’Annie Genevard. Ils n’étaient plus qu’une centaine pour celui de Bruno Retailleau.

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