Dublin n'exclut pas un report des discussions sur la frontière

La seconde phase des négociations sur le Brexit ne sera enclenchée lors du sommet européen de la semaine prochaine que sur la base du compromis conclu lundi entre Londres et Dublin sur la frontière irlando-britannique, a averti mercredi le Premier ministre irlandais Leo Varadkar. /Photo prise le 4 décembre 2017/REUTERS/Clodagh Kilcoyne

DUBLIN (Reuters) - La seconde phase des négociations sur le Brexit ne sera enclenchée lors du sommet européen de la semaine prochaine que sur la base du compromis conclu lundi entre Londres et Dublin sur la frontière irlando-britannique, a averti mercredi le Premier ministre irlandais Leo Varadkar.

Dans le cas contraire, des négociations pour sortir de l'impasse reprendront début 2018, a-t-il dit.

Le compromis conclu lundi prévoit un "alignement réglementaire" des deux côtés de la frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, seule frontière terrestre entre le Royaume-Uni et l'UE après le départ des Britanniques en mars 2019.

Mais le parti unioniste nord-irlandais DUP (Parti unioniste démocratique), sur lequel s'appuie la Première ministre britannique Theresa May pour disposer de la majorité absolue à la Chambre des communes, a opposé son veto à cet accord. Le DUP refuse en effet toute différence de réglementation entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.

Lundi à Bruxelles, Theresa May et Jean-Claude Juncker, qui espéraient régler la question de la frontière, n'ont pu que constater la persistance des divergences, mais se sont dits convaincus qu'elles pouvaient être comblées avant le Conseil européen des 14 et 15 décembre.

La Première ministre britannique espère que l'ouverture de la seconde phase des négociations avec Bruxelles, portant sur un accord commercial et la période de transition post-Brexit, sera annoncée à cette occasion, ce qui ne sera pas possible sans "progrès suffisant" sur les trois questions clés des modalités du Brexit - la facture du divorce, les droits des expatriés, et donc l'avenir de la frontière irlando-britannique.

"En ce qui nous concerne et en ce qui concerne la Commission européenne (...), nous nous en tenons au texte qui a été accepté lundi", a déclaré Leo Varadkar devant le Parlement de Dublin.

"Notre gouvernement a le désir, l'ambition et la volonté de passer à la seconde phase des discussions mais s'il n'est pas possible de passer à cette seconde phase la semaine prochaine en raison des problèmes qui ont été soulevés, alors nous reprendrons l'an prochain", a-t-il ajouté.

Le numéro deux du DUP, Nigel Dodds, a accusé le Premier ministre irlandais de jouer un "jeu dangereux" en laissant entendre qu'un accord sur la frontière irlando-britannique pourrait ne pas être conclu avant l'année prochaine.


(Padraic Halpin; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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