Droits TV: Canal+ ne veut pas négocier avec la LFP, assure Vincent Labrune

A deux mois de la reprise de la Ligue 1, la Ligue de football professionnel (LFP) est toujours bloquée dans l’impasse des droits TV pour la période 2024-2029. Le premier appel d’offres, en octobre 2023, s’est révélé infructueux avec aucun prix de réserve atteint, alors que la négociation de gré à gré s’est aussi soldée par un échec. La LFP espère, depuis, conclure un accord avec beIN Sports qui veut s’associer avec Canal+ pour un contrat de diffusion. Mais la chaîne cryptée n’est pas décidée à ouvrir sa porte pour le moment.

"Ni M. Saada, ni M. Bolloré n’ont jamais voulu négocier ni même discuter avec nous"

Le fruit d’une guerre froide avec la LFP, à qui Canal reproche de l’avoir snobé en 2020 en réattribuant les droits de Mediapro à Amazon Prime Vidéo. Appelé à la rescousse pour sauver le foot français, le groupe de Vincent Bolloré répond par un silence glaçant, comme l’affirme Vincent Labrune dans un article du Monde, ce mardi.

"Jusqu’à présent, ni M. Saada (président de Canal+, NDLR) ni M. Bolloré n’ont jamais voulu négocier ni même discuter avec nous", lance Labrune. "Ils ont dit ce qu’ils allaient faire et ils ont fait ce qu’ils avaient dit. Pour autant, il faudra bien finir par trouver un moyen de renouer le dialogue d’ici à la fin du mois: il serait irresponsable de prendre une décision sur nos droits audiovisuels sans avoir évalué les possibilités qui existent avec Canal+, s’il y en a…"

Alors que la période des droits TV actuelle (2020-2024) se conclut officiellement le 30 juin, Labrune tente de se rabibocher avec la chaîne cryptée qui avait reléguée ses deux matchs de Ligue 1 hebdomadaires sur ses canaux annexes en guise de représailles. Il défend ainsi son choix d’avoir privilégié en 2020 Amazon Prime Vidéo, plus offrant de 70 millions d’euros en pleine période de crise post-covid. En cas d’échec à renouer le dialogue, Labrune défend son plan B: commercialiser une chaîne de la LFP.

"Avec 2 millions d’abonnés, ce qui est une projection très prudente, payant 20 euros par mois pendant dix mois, on est déjà à 400 millions d’euros", présente-t-il. Il prévoit même les trois millions d’abonnés à la fin de la période 2024-2025, pour un tarif pouvant finalement atteindre 25 euros par mois. Ses prédictions citées par Le Monde pourraient rapporter "700 millions d’euros en moyenne par an, avec une première année autour de 540 millions d’euros et une cinquième autour de 900 millions d’euros".

Article original publié sur RMC Sport