A droite, le grand déboussolement

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Dans son dernier livre, le jeune Charles Consigny, passé de Sarkozy à Macron, raconte le parcours de ces militants qui flirtent avec les lignes. Un témoignage historique ?

La trahison a quelque chose d’impertinent, de grisant. Elle montre qu’à la différence des petits chiens, les êtres humains sont imprévisibles, indomptables. Nous gardons toujours intacte notre liberté. Rien ni personne ne peut nous l’aliéner. Certes, cela provoque une espèce de mélancolie. Le traître rêve du temps pendant lequel il a cru et il a aimé quelque chose qui ne signifie plus rien pour lui. Il y a dans son cœur un vide, dans son esprit un parfum de deuil. Ecrire devient une manière de pleurer. C’est cela que l’on ressent en lisant Je m’évade, je m’explique (Robert Laffont) de Charles Consigny. Voilà un ancien adorateur de Nicolas Sarkozy qui muta d’abord vers le juppéisme, avant de tomber dans les bras de Macron. Agé d’à peine 27 ans, il a déjà fréquenté Sarkozy et écrit ses louanges.

La passion qu’il en éprouva ne lui permit pas de voir que Sarkozy était en train de compromettre à jamais le parti de la droite républicaine pour le transformer en antichambre du Front national. Il souhaitait le rendre si poreux à Le Pen qu’il songeait, en cas de victoire à la primaire, à nommer des ministres frontistes dans son futur gouvernement. Charles Consigny n’aimait pas ça. Il le jure. Cependant, l’adoration qu’il concevait pour Sarkozy fut plus forte que celle qu’il ressentait pour les principes démocratiques. L’ancien président était pour lui une force à laquelle il s’identifiait. Il était le symbole de la puissance personnelle, de la réussite, de l’idée selon laquelle le courage d’entreprendre peut l’emporter sur la pesanteur des destins.

Aujourd’hui dégoûté, il a la lucidité de voir dans Fillon l’héritier de ce que Sarkozy a fait de son parti. Un Fillon qui promet à ses troupes dopées par «la Manif pour tous» de sortir de la juridiction de la Cour européenne des droits de l’homme, trop libérale à (...)

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