"Ce droit si merveilleux d'emmerder Dieu, nous n'y renoncerons pas"

Par Marion Cocquet
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Me Richard Malka au procès des attentats du 7 janvier 2015, dessiné le 4 décembre en pleine plaidoirie. 
Me Richard Malka au procès des attentats du 7 janvier 2015, dessiné le 4 décembre en pleine plaidoirie.

C'était le 10 septembre dernier. La mère de Charb était venue à la barre en boitant, enveloppée dans un châle rouge, parler de ce fils qui dessinait tout le temps, de leurs rendez-vous du mardi soir, de sa passion pour Charlie et avant cela pour Cabu qu'il avait découvert dans le Club Dorothée. Denise Charbonnier avait fait ensuite projeter des caricatures, tout un tas, pêle-mêle, qui moquaient les politiques et les religieux de toutes obédiences, la bêtise sous toutes ses formes. Et les accusés avaient ri en même temps que la salle, avec elle.

Près de trois mois plus tard, la même bizarrerie se reproduit alors que Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, prend la parole. On n'imaginait pas sourire, pourtant, pas plus qu'en septembre : les plaidoiries de la partie civile ont ressuscité d'un coup la violence des témoignages et la réalité nue des 7, 8 et 9 janvier 2015. Mais Richard Malka parvient à être drôle parfois, malgré sa colère et malgré l'urgence du moment. A être drôle, et à faire sourire les accusés y compris lorsqu'il les accuse d'un crime qui, dit-il, "ne figure nulle part dans le code pénal, un crime d'indifférence et de complaisance active". Eux qui étaient si proches d'Amedy Coulibaly ne soupçonnaient pas son intégrisme, bien sûr : "on ne parle pas de religion, en prison, eh non, évidemment. On se déradicalise, même - ça c'est un vrai scoop."

"Il faut accepter qu'il y ait deux procès en un"

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