Drapeaux maghrébins sur le toit d’une église à Albi: «Vers une banalisation des actes anti-chrétiens»

Khadra, Maya
À Albi, trois jeunes hommes sont montés sur le toit d’une église pour hisser les drapeaux du Maroc, de la Tunisie et de l’Algérie. / Capture d'écran Twitter

FIGAROVOX/TRIBUNE - Dimanche 9 février, des individus ont hissé des drapeaux maghrébins sur le toit d’une église à Albi. Pour Maya Khadra, cette provocation témoigne de la fréquence des actes anti-chrétiens, pourtant rarement évoqués dans les médias.

Maya Khadra est journaliste et directrice du département de culture générale et d’humanités à l’IPAG Business School.

L’église catholique Saint Jean-Baptiste, située dans le quartier de Rayssac à Albi, a été la cible dimanche 9 février d’un acte insensé, à la fois banal et hautement provocateur. Des drapeaux maghrébins ont brièvement été hissés sur le toit de l’église. Le tout a l’air d’une farce, au demeurant assez ridicule. Cependant, l’image retenue regorge de symboles contradictoires et dérangeants: dans l’esprit de ceux qui ont assisté à la scène, c’est comme si le Maghreb s’en prenait à une église… Par extension, ces jeunes ont en réalité singé l’affrontement entre le monde musulman et la France catholique.

En réalité, c’est une guerre de symboles impitoyable que subit la France, depuis maintenant de nombreuses années. Le tableau est surréaliste: le croissant islamique du drapeau algérien disputant la place à la croix dressée sur le toit d’une église s’ajoute à la liste déjà longue des actes anti-chrétiens dont le catholicisme français fait l’objet, attaqué à hue et à dia avec une agressivité souvent gratuite. En France, les chrétiens subissent une véritable «crise sacrificielle» au sens girardien du terme. Une foule violente, mue tantôt par un anticléricalisme d’un autre âge (comme ces individus cagoulés qui ont attaqué le 19 janvier un car de pèlerins à Caen) ou par un islamisme obscurantiste qui nourrit une aversion revancharde à l’encontre de la France, se jette sur le corps sacrificiel de la victime, du bouc émissaire qu’est la France catholique.

La violence, dans les actes et dans les symboles, est le moteur inlassable de ce phénomène civilisationnel alarmant. Il y a aussi, dans l’acte de hisser des (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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