Dovizioso juge ses chances de titre "proches de zéro"

Léna Buffa
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Treizième à 22 secondes du vainqueur, a vu passer une énième course douloureuse qui l'éloigne toujours un peu plus du titre et le rapproche d'une fin de championnat qui apparait de plus en plus comme un soulagement pour lui. Dans un mois, il quittera Ducati, et vraisemblablement sans avoir aucune option pour rester engagé en course comme il l'aurait souhaité. Et pourtant, accumuler les déceptions week-end après week-end semble être une telle souffrance qu'il ne peut qu'attendre avec impatience ce moment.

Dimanche, au Grand Prix de Teruel, Dovizioso a dû prendre le départ de la course depuis la 17e place, ayant ajouté à son palmarès de la saison une troisième qualification parmi les plus faibles de ses 13 ans de carrière en MotoGP. Puis, malgré quatre places gagnées au départ, il a dû se contenter d'une lutte au cœur du peloton, là où la bagarre aura été la plus intense durant ces 23 tours de course.

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S'il a réussi à remonter jusqu'au neuvième rang, il a dégringolé à nouveau à sept tours de l'arrivée, bouclé deux secondes et demie plus lentement que le précédent alors qu'il a été ralenti par une confrontation avec Aleix Espargaró et une erreur personnelle. Entré dans une phase où ses pneus ne lui offraient plus assez de performance, le pilote Ducati a terminé comme il a pu, distancé de dix secondes par le vainqueur rien que dans ces quelques tours.

"J'ai été en difficulté toute la course", résume Andrea Dovizioso au site officiel du MotoGP. "Je me suis mis dans une bonne position, mais j'étais vraiment à la limite. J'ai vu que Quartararo et Maverick [Viñales] étaient en difficulté alors je voulais les dépasser, mais j'étais vraiment à la limite. Vu la façon dont j'ai couru, l'usure de mon pneu tendre était trop forte et je n'ai pas pu maintenir cette vitesse. Mais j'étais là, j'ai essayé."

"Aleix Espargaró m'a dépassé et m'a fait sortir au virage 1, je n'avais donc pas de marge pour récupérer des positions. Je poussais vraiment fort et j'ai fait une autre erreur au virage 8 et j'ai perdu quatre places. Mon pneu était détruit, je n'avais pas l'énergie pour parfaitement bien piloter et je n'ai rien pu faire."

"Au début, ma vitesse dans le groupe n'était pas trop mauvaise, mais le pneu soft était trop tendre pour tout le monde et la baisse a été énorme. Mais quand on roule de manière agressive sans être fluide car on n'est pas à l'aise, on utilise plus de gomme. Et c'est ce qui s'est passé en course, j'ai complètement fini mon pneu. J'ai aussi eu de l'arm-pump, mais ce n'est que la conséquence du fait de mal piloter et de ne pas avoir de bonnes sensations", souligne le pilote italien, pas surpris par cette contre-performance : "Ma position finale est très mauvaise, mais mes sensations n'étaient pas si bonnes, alors ce n'est que la confirmation [des problèmes]."

Des chances "proches de zéro" au championnat

Il ne reste désormais plus qu'une série de trois courses avant de mettre un terme à ce calvaire. Dovizioso a-t-il hâte d'en finir à présent ? "Je n'aime vraiment pas courir comme ça, je n'aime pas me battre pour ces positions. C'est vraiment mauvais, je n'aime vraiment pas ça", répond-il.

Le vice-Champion du monde en titre, s'il a perdu une place au championnat, se maintient tout de même dans le top 5, à 28 points du leader. Seulement, il l'affirme, envisager réellement de rester en lice pour le titre jusqu'au bout serait un leurre. "La situation est très mauvaise, car on sent qu'on n'a aucune carte à jouer pour tenter notre chance, voilà la réalité. Il faut affronter ces sensations. Je ne suis pas du genre à me raconter des histoires, je n'aime pas ça, alors la réalité est celle-ci", souligne-t-il fermement.

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"Je ne pense pas que ce soit le moment de penser au championnat, je n'ai aucune vitesse pour en parler, alors la stratégie, ou ce que l'on peut faire, les chances que l'on a… Pour le moment, je pense qu'elles sont proches de zéro. Je ne pense donc pas que ce soit le moment de vraiment parler du championnat. Avec cette vitesse, on ne peut pas se battre."

Et ne lui parlez pas des deux courses qui se profilent à Valence, une piste qui sur le papier ne sourit pas aux Ducati... "Je ne veux pas être trop négatif, mais en ce moment il est difficile de penser à des choses positives", prévient-il. "On ne sait pas ce qui peut se passer à Valence, on ne sait pas quelle y sera la météo. Mais on ne va pas à Valence en se disant 'allez, on va essayer jusqu'au bout, on y arrivera peut-être'. On n'est pas dans cette situation."

"Malgré tout, il faut qu'on essaye de rester sereins. Franchement, avoir une semaine à la maison n'est que positif. Il faut un peu s'éloigner de ces mauvaises sensations. Après, on verra. On sera en novembre et sur deux pistes sur lesquelles tout peut arriver, y compris en termes de météo."