Douvres : des engins incendiaires lancés contre un centre accueillant des migrants

Image d'illustration - Niklas HALLE'N / AFP
Image d'illustration - Niklas HALLE'N / AFP

La police évoque un blessé léger et indique que "le suspect a été identifié et localisé".

Des locaux des services de l'immigration britanniques ont été visés par des jets d'engins incendiaires dimanche, a appris l'Agence France-Presse (AFP) auprès de la police locale. Selon les médias britanniques, il s'agit d'un centre accueillant des migrants.

Les enquêteurs ont pu établir que "deux à trois engins incendiaires ont été jetés sur des locaux" des services de l'immigration du ministère de l'Intérieur, selon la police du Kent, qui évoque un blessé léger et indique que "le suspect a été identifié et localisé".

La police n'a en revanche pas pu confirmer le suicide du suspect dans la foulée de son action, annoncée par l'agence Reuters et des médias britanniques.

Le secrétaire d'Etat à l'Immigration Robert Jenrick a quant à lui évoqué un "incident grave à Douvres" et adressé sur Twitter ses sympathies à "ceux qui sont touchés", ainsi que "remerciements" et "admiration" aux forces de police qui poursuivent leur "travail essentiel d'assurer notre sécurité".

La députée locale Natalie Elphicke s'est dite "profondément choquée par les faits à Douvres aujourd'hui", expliquant s'être entretenue avec le secrétaire d'Etat à l'Immigration à ce sujet.

40 000 migrants depuis le début de l'année

Cette attaque intervient alors que près de 1 000 migrants sont arrivés samedi sur les côtes anglaises après avoir traversé la Manche, selon les chiffres du gouvernement britannique.

Ils sont désormais près de 40 000 depuis le début de l'année - déjà largement plus que pour la totalité de l'année 2021 - à avoir effectué la périlleuse traversée à bord de petites embarcations, dans l'un des détroits les plus fréquentés au monde.

Un porte-parole du ministère britannique de l'Intérieur a simplement indiqué que le "Home Office" était au courant d'un incident et que la police a été dépêchée sur place, se refusant "à ce stade" à tout autre commentaire.

Peinant à concrétiser la promesse de mieux maîtriser l'immigration avec le Brexit, le gouvernement a pour projet - hautement controversé - d'envoyer au Rwanda les demandeurs d'asile arrivés illégalement.

Suspendu notamment en raison de recours judiciaires, le projet, conçu sous le mandat de Boris Johnson, est soutenu par le nouveau Premier ministre Rishi Sunak.

Lui-même petit-fils d'immigrés indiens, il a adopté une position dure sur l'immigration, et a nommé l'ultraconservatrice Suella Braverman au ministère de l'Intérieur, une décision qui apparaît comme un geste en direction de l'aile droite du parti conservateur.

Décourager les traversées mortelles"

Vendredi, Rishi Sunak a plaidé pour une meilleure coopération avec la France lors d'un appel avec le président Emmanuel Macron.

"Le Premier ministre a souligné l'importance pour les deux pays de rendre la route de la Manche totalement impraticable pour les trafiquants d'êtres humains. Les dirigeants se sont engagés à approfondir leur partenariat afin de décourager les traversées mortelles de la Manche qui profitent aux criminels organisés", selon Downing Street

Les deux pays se sont déjà mis d'accord pour que le gouvernement britannique aide financièrement les autorités françaises à mieux surveiller les côtes françaises pour empêcher les départs.

Mais selon le journal The Times, Rishi Sunak veut aller plus loin et veut un accord global avec des objectifs chiffrés de bateaux interceptés et des agents de la police britannique des frontières patrouillant en France.

Il souhaite également fixer des objectifs pour que 80% des demandes d'asile soient traitées sous six mois, contre une moyenne de 480 jours, mais aussi durcir les conditions d'octroi de l'asile.

Selon les autorités britanniques, jusqu'à 80% de ces nouveaux migrants sont désormais Albanais. Le système britannique de demandes d'asile est totalement débordé par cet afflux.

Article original publié sur BFMTV.com

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