Douleurs: les ultrasons n’ont pas fait la preuve de leur efficacité

Giordano, Laurent
Malgré l’absence de preuves scientifiques, un grand nombre de kinésithérapeutes continuent à utiliser cette technique. / Stevica Mrdja/Microgen - stock.adobe.com

L’intérêt des ultrasons pour traiter les douleurs musculo-articulaires n’est pas démontré. Et cette technique n’est pas sans risque.

Depuis des années, l’institut Cochrane, une organisation à but non lucratif indépendante sur la recherche médicale, épluche les études scientifiques sur l’intérêt des ultrasons pour traiter les douleurs musculo-articulaires ou favoriser la mobilité. Ses résultats sont peu concluants: les preuves scientifiques des vertus qu’on leur prête depuis plus de vingt ans sont bien minces, hormis leur intérêt pour soulager l’arthrose du genou et augmenter la force de préhension chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, maladie inflammatoire d’origine immunitaire. Et encore! Les auteurs soulignent un indice de preuve faible et la nécessité d’études complémentaires.

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Une technique encore enseignée

Ces résultats peuvent surprendre car un grand nombre de kinésithérapeutes continuent à utiliser cette technique. Elle est toujours enseignée dans les écoles de kiné, où l’on apprend que les ultrasons peuvent décontracter, réduire les inflammations et les douleurs, et surtout dilacérer les structures fibreuses indésirables qui apparaissent dans le tissu conjonctif.

Appliquées à un endroit précis, ces vibrations pourraient donc traiter les claquages, les tendinites, l’arthrose, la polyarthrite, la cicatrisation, et même le zona, d’après certains auteurs. Leurs effets sont thermiques et/ou mécaniques. Elles produisent de la chaleur grâce à la friction des molécules qu’elles agitent et un véritable micromassage par l’alternance de compressions-extensions.

Ces bases théoriques ont fondé cette thérapeutique qui s’est imposée par l’habitude des usages malgré l’absence de validation scientifique claire. «Je l’ai utilisée pendant dix ans avant d’arrêter définitivement», confie Marc Michnowski, kinésithérapeute, ancien intervenant à l’Institut national du sport et de (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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