#DoublePeine à Montpellier: Darmanin reconnaît qu'il y a "des questions que l’on ne pose pas" aux victimes de viol

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Gérald Darmanin le 28 mai 2021 à La Chapelle-sur-Erdre. - LOIC VENANCE © 2019 AFP
Gérald Darmanin le 28 mai 2021 à La Chapelle-sur-Erdre. - LOIC VENANCE © 2019 AFP

"Des questions auraient été posées alors qu'elles n'ont rien à voir avec le fait qu'on ait été victime d'agression sexuelle." C'est là le coeur de la polémique qui vise le commissariat de Montpellier. Le 28 septembre dernier, l'activiste Anne Toumazoff a partagé sur les réseaux sociaux la mauvaise expérience d'une femme au moment de déposer plainte pour viol.

"Au commissariat central de Montpellier, on demande aux victimes de viol si elles ont joui. […] On explique aux victimes de viol qu’une personne qui a bu est forcément consentante", a-t-elle rapporté sur Twitter à partir de témoignages qu'elle a reçus.

Les réactions ne se sont pas fait attendre, avec la création du hashtag "double peine" et du site internet portant le même nom. Les accusations de mauvais accueil dans les commissariats quand il s'agit de dénoncer des violences sexuelles se sont multipliés, poussant les politiques à apporter des réponses à ces failles alléguées.

La directrice de la DCSP sur place en fin de semaine

"J'ai demandé à la Direction centrale de la Sécurité publique (DCSP) d'aller voir ce qui s'est passé et on en tirera les conséquences", a déclaré Gérald Darmanin devant la commission des lois ce mercredi. Et d'ajouter: "Il y a des questions que l’on ne pose pas à des femmes qui déposent plainte."

Céline Berthon, la nouvelle directrice centrale de la sécurité publique, se rendra dans l'Hérault jeudi et vendredi pour enquêter sur la situation.

Autre rebondissement dans cette affaire, la plainte pour viol - dont le traitement a déclenché la polémique - n'a finalement pas été classée sans suite, selon une information de Libération. L'enquête préliminaire est donc toujours en cours.

Des dispositifs pour améliorer la prise de plainte

Enfin, pour améliorer les conditions du dépôt de plainte, le ministre de l'Intérieur compte tester un nouveau dispositif qui "permettra dans certains départements que les policiers et gendarmes se déplacent [à l'endroit où la victime se trouve, ndlr] pour recueillir les plaintes.

"Si vous êtes une femme violentée et que vous avez choisi d'être chez votre assistante sociale, votre amie, votre maman, à la mairie et que vous avez peur du commissariat à cause de l'accueil qu'on peut vous apporter, du regard des autres, de la difficulté de rentrer dans un commissariat", alors les forces de l'ordre pourront se déplacer, a-t-il poursuivi.

L'accueil des victimes de violences conjugales peut "s'améliorer très certainement", a admis et répété Gérald Darmanin.

Article original publié sur BFMTV.com

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