Le double plaisir des « Contes » de La Fontaine

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Portrait de La Fontaine par Hyacinthe Rigaud (1659-1743).
Portrait de La Fontaine par Hyacinthe Rigaud (1659-1743).

On célèbre en La Fontaine (1621-1695) l'immortel auteur des Fables, mais on oublie qu'il fut d'abord connu comme conteur de récits un peu lestes. La publication de quatre volumes de Contes et Nouvelles en vers, entre 1665 et 1674, lui attira en effet les faveurs du public, mais aussi l'attention du lieutenant général de police La Reynie (1625-1709), qui jugea le dernier volume trop audacieux et en ordonna la saisie. Mais la marquise de Sévigné (1626-1696) aimait autant les Contes que les Fables, et son cousin Bussy-Rabutin (1618-1693), auteur de L'Histoire amoureuse des Gaules, affirmait : « Pour M. de La Fontaine, c'est le plus agréable faiseur de contes qu'il y ait jamais eu en France. »

Mais qu'est-ce alors qu'un conte ? Avant que Charles Perrault (1628-1703) ne remette à la mode le conte de fées, un conte, c'est avant tout un récit plaisant, un peu coquin, qui met en scène des personnages stéréotypés et des situations comiques traditionnelles. Un homme découvre-t-il que son voisin a couché avec sa femme, enceinte, au prétexte que son enfant à naître avait encore besoin qu'on lui façonne l'oreille ? Il lui rend la pareille en allant « raccommoder le moule » de la voisine, dont les enfants ont le nez un peu court?

Ces polissonneries ne concernent pas que les villageois. Les ecclésiastiques y jouent un rôle de premier plan, comme ce prêtre qui se charge, charitablement, de « donner de l'esprit » à la jeune Lise. Évoquant ces histoires, La Fontaine prétend q [...] Lire la suite