Double homicide des Cévennes: le procureur annonce que la préméditation est retenue

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Éric Maurel, le procureur de la République de Nîmes, s'exprime dimanche 16 main 2021 deux jours après la reddition du tueur présume des Cévennes - BFMTV
Éric Maurel, le procureur de la République de Nîmes, s'exprime dimanche 16 main 2021 deux jours après la reddition du tueur présume des Cévennes - BFMTV

Valentin Marcone, soupçonné d'avoir abattu mardi son patron et un de ses collègues dans un village des Cévennes, va être déféré devant un juge d'instruction en vue d'une mise en examen pour "assassinats", a annoncé ce dimanche le procureur de Nîmes qui retient la notion de "préméditation". L'assassinat est puni de la réclusion criminelle à perpétuité.

"À ce stade de la procédure judiciaire, la garde à vue de Monsieur Marcone sera levée en début d'après-midi, il sera déféré devant un juge d'instruction, sur la qualification d'assassinats, assassinats engagés sur les deux victimes", a déclaré Éric Maurel lors d'une conférence de presse à Nîmes.

De "multiples" éléments pour retenir la préméditation

"Les éléments qui nous permettent de retenir la préméditation sont multiples", a-t-il indiqué ajoutant que Valentin Marcone a indiqué aux enquêteurs avoir eu une altercation avec le patron de la scierie, où il était employé, concernant le non-paiement d'heures supplémentaires.

D'une part, il s'est rendu sur son lieu de travail "muni d'une arme qui était approvisionnée, et nous nous interrogeons sur le fait de savoir si elle était chambrée" c'est à dire s'il n'y avait pas déjà une munition enclenchée dans la chambre de tir, prête à être tirée, "c'est quelque chose qu'il faudra travailler", a expliqué le procureur.

Ensuite, au moment de sortir son arme, selon le récit de l'homme, il "a ouvert une première combinaison, puis un deuxième vêtement, et s'est alors emparé de son arme. Donc il y a un certain temps dans la manipulation, dans le fait d'appréhender cette arme, et de la manipuler et ensuite de l'exhiber pour faire feu. Ce sont ces éléments qui pour l'instant me conduisent à conserver l'idée d'une préméditation", déroule Éric Maurel.

Selon les informations actuelles des enquêteurs, Valentin Marcone a ouvert le feu au moins à trois reprises, peut-être à quatre. Et "il semblerait qu'entre les premiers tirs effectués sur son employeur et ceux effectués sur son collègue, il ait pu - et tout cela demande à être vérifié - abaisser le bras pour ensuite le relever et ouvrir de nouveau le feu", ajoute le procureur.

"C'est quelqu'un qui avait peur"

Le procureur a donné également des précisions sur le profil du tireur, déclarant: "On sent que c'est quelqu'un qui avait peur, qui ressentait de la peur vis-à-vis de certaines personnes du village avec lesquelles il avait pu être en conflit". Effrayé que l'on s'en prenne un jour à lui ou à sa famille, il portait "un gilet par balles pour se rendre à son travail depuis près de trois ans" mais aussi "une arme de poing sous ses vêtements depuis plusieurs mois". Il avait également mis en place un système de vidéo-protection autour de son domicile.

Éric Maurel décrit également un homme "calme, qui s’exprime et qui est cohérent. L’histoire qu’il raconte - il y aura certainement des points à vérifier - est logique et cohérente".

Un avis partagé par le commandant de la section de recherches de Nîmes Bertrand Michel. "Depuis son interpellation, il s’est montré extrêmement coopératif" explique-t-il. "C'est un jeune homme qui aime le cadre et qui dans le cadre de la garde à vue s’est complètement laissé aller à nous expliquer son passé, les raisons de son passage à l’acte, les modalités de sa fuite."

Interrogé sur les explications que Valentin Marcone avait pu exprimer concernant son geste, Bertrand Michel déclare que l'homme "n'exprime pas de regrets au sens strict du terme". Il rappelle qu'au moment de son interpellation il a dit "'excusez-moi'. Est-ce que ces excuses étaient destinées aux familles des victimes, aux forces de l'ordre, au village tout entier? C'est une question qui restera à affiner, mais il n'a pas fait part de regrets. Il se positionne comme une victime qui a réagi face à quelque chose qu'il considère comme une agression".

Article original publié sur BFMTV.com

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