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Le double appel de l’Union européenne pour le Proche-Orient

L’Union européenne envoie un double message dans la guerre entre Israël et le Hamas. Elle condamne d'une part le mouvement islamiste palestinien qui utilise des hôpitaux et les civils présents dans ces établissements comme boucliers, d'autre part l’UE appelle Israël à faire preuve du maximum de retenue.

"Nous demandons à Israël de faire preuve de la plus grande retenue, afin de sauver des vies civiles, nous condamnons l'utilisation par le Hamas de personnes dans les hôpitaux comme boucliers, mais nous exprimons également notre préoccupation pour la situation désastreuse des hôpitaux qui sont lourdement touchés par les bombardements", lance le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, à l’ouverture de la rencontre lundi à Bruxelles des 27 ministres des Affaires étrangères.

Le responsable espagnol se rendra d'ailleurs cette semaine dans la région : en Israël, dans les territoires palestiniens, à Bahreïn, en Arabie Saoudite, au Qatar et en Jordanie pour évoquer l'aide humanitaire, mais aussi une issue politique au conflit avec pour horizon une solution à deux Etats.

Selon le Hamas, tous les hôpitaux dans le nord de la bande de Gaza sont désormais hors service à cause du blocus sur les carburants qui empêche les générateurs de fonctionner, ce qui prive les établissements d'électricité. Pour les ministres des Affaires étrangères, la situation est inquiétante.

"Il faut voir ce qui se passe dans les hôpitaux à Gaza. Ce ne sont pas des champs de bataille. Il faut écouter, à mon avis, Médecins sans frontières, la direction de l'Organisation Mondiale de la santé qui disent que les gens, les patients qui sont en station intensive n'ont aucune chance. Il n'y a plus d'oxygène, il n'y a plus d'eau, il n'y a plus de médicaments, donc ces gens vont mourir", s’alarme le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn.

Mais les 27 sont divisés. Si l'UE demande officiellement de mettre en place des pauses humanitaires pour permettre d'acheminer les secours, certains Etats membres comme l'Espagne et la Belgique souhaitent un cessez-le-feu, mais l'Allemagne ne veut pas aller jusque-là.

"Je comprends tout à fait l'impulsion donnée dans cette situation terrible, où des enfants innocents, des gens, des femmes, des mères, des familles, non seulement, souffrent terriblement, mais meurent aussi. Je comprends l'impulsion en faveur d'un cessez-le-feu. Mais les impulsions ne suffisent pas à aider les gens à garantir véritablement la sécurité et la paix", défend la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock.

L’Union européenne estime que tous les civils doivent pouvoir quitter les zones de combat. Elle juge aussi que les pauses humanitaires doivent pouvoir être mises en place immédiatement.