La dose de rappel bientôt indispensable pour le pass sanitaire? Les hésitations de l'exécutif

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Un soignant prépare une seringue avec un flacon de vaccin Moderna contre le Covid-19.  - Angela Weiss © 2019 AFP
Un soignant prépare une seringue avec un flacon de vaccin Moderna contre le Covid-19. - Angela Weiss © 2019 AFP

Un taux d'incidence qui grimpe de 12% en l'espace d'une semaine - pour s'élever à présent à 62 cas pour 100.000 habitants au plan national -, 1096 patients en réanimation mercredi, soit une augmentation de cinq points par rapport à la veille selon la mesure de Santé Publique France, la réinstauration du port du masque dans les écoles de 39 nouveaux départements.

L'épidémie de Covid-19 frémit de nouveau à la hausse dans l'Hexagone, et responsables politiques, scientifiques et médecins, évoquent désormais ouvertement la possibilité d'une "cinquième vague". Se posent donc naturellement la question de se prémunir contre elle.

Si le vaccin continue d'apparaître comme l'arme la plus efficace de l'arsenal déployé contre la diffusion de la maladie, son efficacité décroît au fil des mois. Les autorités recommandent ainsi officiellement l'inoculation d'une dose de rappel, communément et parfois improprement désignée sous l'expression de "troisième dose", pour les publics les plus âgés et vulnérables. Le débat qui agite l'exécutif dans ce contexte est désormais le suivant: comment inciter les Français à faire leur dose de rappel du vaccin anti-Covid?

"Il faut défendre le pass"

La sémantique a ici son importance. "Il faut cesser de parler de troisième dose et parler de rappel", pousse un cadre de LaREM qui invite "à monter le son sur la campagne de rappel". "S'il y a des baisses d'immunité, il faut le dire, pour installer la décision politique", poursuit-il.

L'outil pour inciter à la vaccination et au rappel: le pass sanitaire. Au sein de la majorité, certains poussent pour conditionner son attribution à la troisième dose. Le sujet a été évoqué en petit déjeuner de la majorité et lors de la réunion de groupe mardi à l'Assemblée. Le rapporteur du budget de la Sécurité sociale Thomas Mesnier, a suggéré de "désactiver le pass sanitaire pour tous ceux qui ne feraient pas leur piqûre de rappel".

"Il faut défendre le pass sanitaire", poursuit un pillier de la majorité. "C'est le truc qui nous a permis de ne pas reconfiner. Je suis assez "push" là dessus car la campagne de rappel, ça va être le truc central des prochaines semaines". 876450610001_6280243265001

Technique, santé, politique: un problème à trois dimensions

Le gouvernement a saisi les autorités de santé - Haute Autorité de Santé, Conseil scientifique, Conseil de la stratégie vaccinale - pour avoir leur avis sur la question. Et ne prendra aucune décision avant et ce, alors que la généralisation de la dose de rappel n'est pas d'actualité aujourd'hui.

La conditionnalité du pass pose plusieurs questions. Technique, d'abord: alors que seules les personnes âgées de plus de 65 ans ou celles atteintes de comorbidités ont accès à la dose de rappel, comment le mettre en place sans briser le secret médical ?Sanitaire, ensuite. "La remontée de l'épidémie n'est pas une vague", tempère-t-on ainsi au sein du gouvernement ou l'on indique que depuis quelques jours, les inscriptions pour la dose de rappel sont reparties à la hausse. "Inquiéter pour inquiéter n'a pas de sens", indique un conseiller de l'exécutif.
Enfin, l'enjeu se fait politique. "Si on met le doigt là dedans, on acte le fait qu'on aura besoin du pass sanitaire ad vitam aeternam. Car qui nous dit qu'il ne faudra pas un jour une 4e, 5e ou 6e dose?", s'interroge-t-on au sein de LaREM. La problématique est en tout cas étudiée par le gouvernement. Un conseil de défense sanitaire doit avoir lieu mercredi avant le conseil des ministres.

Article original publié sur BFMTV.com

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