Dorian: à Grand Abaco, de nombreux Bahamiens espèrent encore être évacués

Aux Bahamas, de nombreux habitants des îles de Grand Bahama et Abaco espèrent encore pouvoir être évacués.

Avec notre envoyée spéciale aux Bahamas, Domitille Piron

La jeune Keisha est arrivée à Nassau par bateau vendredi 6 septembre avec sa fille de 4 ans. Avec leur famille, neuf enfants et quatre adultes, elles ont passé deux jours dans le grenier de leur maison en attendant le passage de l’ouragan.

Puis dans une chambre d’hôtel, elles ont partagé leur refuge avec une trentaine d’autres personnes durant plusieurs jours, avant de prendre la direction du port de Grand Abaco. Pour des raisons de sécurités sanitaires et parce que la situation devenait insoutenable, Keisha voulait quitter l’île au plus vite, sans savoir ce qui l’attendait.

« Je suis encore sous le choc avec tout ce qui s’est passé et je me demande ce je vais faire. C’est assez effrayant parce que tu ne sais pas où tu vas après et ils ne te disent pas ce qui va se passer, où tu vas pouvoir rester, explique la jeune femme. Il y a beaucoup de gens ici et encore plus vont venir, c’est terrible, parce que je n’ai nulle part où aller à part ici. Nulle part ».

Rejoindre les États-Unis

« J’essaye d’envisager l’avenir, il faut que je parvienne à vivre ailleurs, avant de pouvoir rentrer à la maison, mais ce ne sera pas tout de suite parce qu’où j’habite, il n’y a carrément plus rien, tout est démoli », poursuit-elle.

Des liaisons aériennes et par bateaux sont assurées, mais une fois arrivés dans la capitale Nassau, ces rescapés sont bien souvent désemparés et sans ressources.

Comme beaucoup de Bahamiens évacués d’Abaco, Keisha fait preuve de beaucoup de courage et de résilience, mais elle s’impatiente et espère pouvoir quitter les Bahamas pour rejoindre de la famille aux États-Unis au plus vite.

Des vivres envoyés sur les îles

Face à la crise humanitaire que traverse le pays, l’église communautaire de New Providence, l’une des plus importantes de la capitale, centralise l'envoi d'aide alimentaire vers les îles les plus touchées. Depuis une semaine, des centaines de bénévoles, comme Serena Adjenson, sont à pied d‘œuvre pour envoyer des vivres sur Abaco et Grand Bahama.

« C’est un processus continue, dès la minute où l’ouragan est arrivé nous avons commencé et on s’arrêtera quand il n’y aura plus rien à faire. Jeudi nous avions déjà envoyé 4 000 paquets et on continue de recevoir quotidiennement des tonnes de vivres. »

Des paquets de riz, sucre, biscuits, des couches et produits hygiéniques, des bombes anti-moustique, se comptent par centaine dans cette grande salle où s’affairent les bénévoles, des petits jeunes américains fortunés avec leurs parents, comme des membres de la New Providence Community Church.

Le pasteur, Walter Ferguson, est reconnaissant mais vu la situation, c’est indispensable. « C’est une obligation, nous sommes les gardiens de nos frères et pour les assister nous faisons notre possible. Nous sommes vraiment en état d’urgence, nous avons besoin de l’assistance mondiale, nous avons besoin d’aide. Nous avons été frappés par l’ouragan le plus dangereux au monde, aucun n’avait jamais été aussi fort et catastrophique. Il y a tellement de personnes réfugiés. Ça ne va pas du tout. »

Cette église affrète trois avions par jour vers Abaco et Grand Bahama où 70 000 sinistrés ont besoin d’une aide alimentaire et sanitaire. Et fournit en vivres la capitale qui accueille dans l’urgence plus de 3 000 personnes déjà évacuées.