En Dordogne, un livre recense les peintures murales pour mettre en lumière le patrimoine

De l'extérieur, rien ne laisse penser que l'église de Saint-Méard-de-Drône recèle des œuvres étonnantes. Elle renferme pourtant une série de peintures murales spectaculaires, dont les scènes évoquent les croyances religieuses du Moyen Âge. Comme un livre d'histoire, les murs - destinés à être vues par les fidèles dont beaucoup ne savaient pas lire - racontent le passage au purgatoire. Serge Laruë de Charlus, passionné et membre de la Société historique et archéologique du Périgord (Shap) n'en finit pas d'admirer et de décrire la scène de la voûte principale : "On a une peinture très caractéristique. On a un démon ailé qui transporte une âme et qui va précipiter cette âme dans la gueule du Léviathan et dans les flammes". C'est la chute d'une partie d'une couche de chaux, en 1999, qui a dévoilé un ange peint sous la voûte. Le premier d'une série de personnages représentant une scène de jugement dernier de 420 m², soit la quasi totalité du plafond de l'église. D'autres parties de cette fresque restent à exhumer. Une opération délicate qui exige minutie et temps. 200 fresques murales référencées dans un livre Cette découverte a motivé la Shap à rechercher et répertorier les peintures murales à travers la Dordogne. Ce patrimoine est à découvrir dans un ouvrage, Peintures murales en Périgord, publié aux éditions Confluences. Une vingtaine de spécialistes ont participé à l'élaboration du livre. Des fresques présentes dans des châteaux ou encore des maisons fortes figurent également dans ce livre. Certaines pages valorisent des peintures moins anciennes mais tout aussi remarquables, comme celle d'une coupole peinte à Bourg-du-Bost ou d'un chemin de croix aux allures de bandes dessinées, qui date des années 50 à Saint-Saud-Lacoussière. Pour Dominique Audrerie, président de la Shap, ces peintures ne sont pas toutes semblables, loin de là : "Il y a des manières de peindre, il y a des manières de dire, il y a des sujets traités ici qui ne le sont pas là... Cette diversité donne aussi le plaisir de la visite, on ne visite pas la même chose d'une église à l'autre, d'un château à l'autre."