Dora Bouchoucha et Kenza Fourati, mère et fille, ambassadrices de choc

Spécial Tunisie. L'une est une des personnalités incontournables du 7e art en Afrique et dans le monde arabe, l'autre une mannequin basée à New-York. Ces deux femmes libres nous ont offert un rare moment d’échange et de complicité, plein d'amour pour leur pays, la Tunisie, dont elles défendent les couleurs sur grand écran et dans les boutiques de mode.

Le silence règne à Tunis et dans sa très chic banlieue nord. Ce n’est pas la chaleur qui a vidé les rues mais un match de foot. La Tunisie affronte le Sénégal en demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations. Rater cette rencontre décisive ne semble pas émouvoir les deux femmes qui montent les marches de la Villa Kahina, un hôtel élégant de Sidi Bou Saïd, perché à flanc de colline avec vue plongeante sur la mer. Dora Bouchoucha aime le foot quand il entre dans l’Histoire. C’est le sujet de son dernier bébé, un documentaire (« Sur la transversale », de Sami Tlili, en salle à l’automne) qui retrace les événements de 1978. « Les émeutes avaient provoqué entre 600 et 1 000 morts », rappelle-t-elle. Un climat insurrectionnel marqué par l’affrontement entre deux géants de la politique : le président Bourguiba et Habib Achour, secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui compte 500 000 adhérents. Et le dénouement de cette crise sera un match de foot… Alors qu’en Tunisie les grévistes affrontent les forces de l’ordre, les joueurs tunisiens battent le Mexique à Buenos Aires. Pour la première fois, une équipe africaine remporte un match de Coupe du monde. Pour la première fois aussi, un événement sportif interrompt des émeutes. « Le foot a joué un rôle de moratoire », raconte Dora, heureuse de produire une œuvre qui témoigne d’une époque méconnue.

Dora Bouchoucha et Kenza Fourati s'offrent une petite pause sur les marches de la villa Kahina, 14 juillet 2019

Dora Bouchoucha et Kenza Fourati s'offrent une petite pause sur les marches de la villa Kahina, 14 juillet 2019 (...)
Lire la suite sur Paris Match