Mais de quoi sont donc faits les nuages ?

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Pour la première fois, une équipe de chercheurs suisses a détaillé les mutations d’un composé volatil émis par les arbres dans les nuages. Une étape supplémentaire pour mieux comprendre le rôle des cumulus et stratus dans le changement climatique.

Un nuage en laboratoire. C’est l’exploit technique réalisé par en Suisse. Si le processus de formation des nuages est bien connu ), il est bien plus compliqué d’explorer la véritable "soupe chimique" qui les compose. Les nuages ne sont en effet pas que de la vapeur d’eau se condensant sous l’effet de la température et de la pression. Ils contiennent aussi une infinité de particules solides et gazeuses. C’est pour suivre le devenir d’un composé volatil émis par les arbres, l’isoprène, que Houssni Lamkaddam a bricolé un appareil scientifique idoine : un tube rotatif de quartz de 6 centimètres de diamètre permettant d’enduire les parois d’une fine pellicule d’eau pour y scruter les affinités de l’air et des molécules gazeuses. "J’ai en fait détourné de son usage une machine industrielle qui sert à polir des grains de sable", s’amuse Houssni Lamkaddam. Les résultats viennent d’être publiés dans

Dans cet univers d’eau et surtout d’air (un nuage moyen contient de 0,2 à 0,5 gramme d’eau par mètre cube d’air) baigné par le rayonnement solaire, l’isoprène vit de multiples aventures. "Ce composé est absorbé par les gouttelettes d’eau puis subit une double oxydation dans les phases cycliques d’évaporation et de recondensation du nuage, formant des quantités considérables d’aérosols solides organiques", détaille le chercheur. L’équipe suisse a pu démontrer que 70% des isoprènes émis se transforment ainsi en aérosols, du moins dans les conditions choisies pour l’expérience, c’est-à-dire celles d’un nuage bas (moins de quatre kilomètres d’altitude) sous les tropiques. Ce mécanisme pèse son poids. L’isoprène est le composé volatil le plus émis de toute la famille chimique émise par les arbres, réunie sous le nom de terpènes. On estime que les végétaux en émettent six milliards de tonnes tous les ans. On sait désormais que ce composé gazeux devient une particule fine de quelques micromètres qui joue son rôle dans la machinerie climatique aux côtés d’aérosols naturels (sels marins,[...]

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