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Donbass, Macron, Le Pen... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Zelensky sur BFMTV

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Volodymyr Zelensky a accordé un entretien exceptionnel à Ulysse Gosset et Yves Calvi pour BFMTV. Dans cette interview en longueur diffusée ce mercredi, le président ukrainien évoque les atrocités vécues par sa population depuis fin février, l'offensive en cours dans le Donbass mais aussi ses relations avec Emmanuel Macron ou encore Marine Le Pen.

Au 56e jour de la guerre, les combats redoublent de violence dans l'est de l'Ukraine, où Moscou se concentre sur la région du Donbass, qu'elle considère comme lui appartenant.

Siège de la ville de Marioupol, relations diplomatiques avec la France et Emmanuel Macron, offensive russe dans le Donbass, pourparlers avec la Russie, discussions avec Marine Le Pen... Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accordé un long entretien à Yves Calvi et Ulysse Gosset pour BFMTV, dans lequel il évoque la situation dramatique à laquelle est confronté son pays depuis le 24 février dernier.

· "La guerre n'a pas commencé le 24 février mais il y a 8 ans"

Lors de cet entretien, Volodymyr Zelensky dit considérer que la guerre russo-ukrainienne n'a pas commencé le 24 février dernier mais "il y a 8 ans", lorsque la Russie a décidé d'annexer la Crimée.

"J'aimerais bien que le monde entier comprenne que la guerre a commencé il y a 8 ans, en 2014 ou 2015. Le 24 février, ce n'est 'que' le début de l'intrusion de la Russie sur notre territoire à grande échelle", veut rectifier le chef d'État.

· L'Ukraine "n'a pas peur de la date du 9 mai"

"Vous savez, nous n'avons pas peur du 9 mai", a également déclaré le président ukrainien face à nos journalistes, faisant référence à la date à laquelle la Russie pourrait déclarer sa "soi-disant victoire" militaire.

"On comprend que les dirigeants de la Fédération de Russie aiment beaucoup les symboles", note Volodymyr Zelensky, avant de comparer (sans le nommer) le régime de Poutine à l'Allemagne nazie: "Cela me rappelle certains autres dirigeants d'autres États qui tenaient beaucoup à la numérologie, aux symboles. Mais il faut savoir que chez nous en Ukraine, le 9 mai est aussi une fête, une célébration de victoire pendant la Seconde Guerre mondiale."

· Zelensky craint que la Russie n'ait pas mobilisé tous ses moyens dans le Donbass

Le président ukrainien dit comprendre que la Russie "n'a pas encore mobilisé tous ses moyens" en Ukraine. "Aujourd'hui je ne suis pas en mesure de dire que l'offensive à grande échelle est lancée dans le Donbass", met en garde le président.

Selon lui, les Russes "avancent et ils ne laissent rien derrière eux". "Ils n'occupent pas ces villes car il n'y a plus rien à occuper: plus de bâtiment, plus de gens. (...) Vous devez comprendre ce qu'il se passe dans le Donbass: ils prennent des petits villages comme Volnovakha et ils détruisent tout, toutes les maisons, pas une seule personne ne survit. Il n'y a pas de survivant parmi ceux qui n'ont pas pu fuir. Volnovakha a simplement été rasée de la carte."

"C'est une grande menace, il y a des raisons d'être inquiets", reconnaît-il. "Mais nous seront prêts à riposter", assure-t-il. "Nous n'avons jamais voulu prendre les terres des autres mais nous sommes prêts à défendre nos terres/"

· Zelensky invite Macron à venir constater "un génocide"

Interrogé sur ses relations avec Emmanuel Macron, Volodymyr Zelensky évoque des "bonnes relations" avec le président français. Elles "se sont améliorées et sont devenues plus chaleureuses", poursuit le chef d'État ukrainien, qui s'entretient de façon régulière par téléphone avec son homologue français.

À trois jours du second tour de la présidentielle, Volodymyr Zelensky affirme ne pas vouloir perdre ce lien avec Emmanuel Macron. Sur la guerre en Ukraine, "je pense qu'il est dans une situation très difficile car beaucoup de business était orienté vers la Russie, et il est connu que les élites russes venaient se reposer en France... à Nice, à Cannes ils ont des villas, des yachts sur la côte".

"On comprend le poids de l'argent des oligarques russes sur l'économie française. Je comprends que la pression intérieure doit être assez importante mais le président Macron doit choisir entre l'argent et la lutte pour la liberté et les droits de l'Homme", avance encore Zelensky, avant de l'"inviter à se rendre en Ukaine pour venir constater le génocide" en cours dans son pays.

· Les conversations Macron-Poutine n'ont mené à "aucun résultat"

Toutefois, le président de l'Ukraine estime qu'il est "très difficile" pour lui de juger si Emmanuel Macron devrait continuer de s'entretenir de manière régulière avec le président Vladimir Poutine, comme il le fait depuis le début du conflit.

"C'est difficile pour moi de répondre après ce que l'Ukraine a vu sous les yeux du monde entier. Je pense que Macron comprend que l'espoir de dialogue avec Poutine est remis en question, notamment parce qu'il n'y a pas eu de résultat de ce dialogue", contrairement à ce qui s'était passé en Normandie en 2019. "Bien entendu le résultat n'était pas 100% efficace mais il y a eu des contacts, un régime de cessez-le-feu. Mais vous savez que de l'eau a coulé sous les ponts depuis".

"Officiellement, la délégation ukrainienne parle toujours avec la Russie. Mais chaque jour qui passe, après chaque Boutcha ou Marioupol, la foi en ce que ces pourparlers aboutissent s'amenuise", ajoute-t-il.

· Discuter avec Marine Le Pen en cas d'élection? "Tout dépend"

Lorsqu'on lui demande s'il serait prêt à discuter avec Marine Le Pen si elle est élue dimanche, Volodymyr Zelensky botte en touche: "Tout dépend, cela ne dépend pas de son statut mais d'abord de ses principes, je ne dirais même pas de sa rhétorique".

"Si elle comprend et reconnaît qu'elle s'est trompée, notre situation pourrait changer", lance le président ukrainien, reconnaissant qu'il préférerait ne pas "perdre ses bonnes relations" avec le président Macron.

"Nous avons vu comment les Français sont descendus dans la rue pour soutenir le peuple ukrainien, avant de lancer: "Je respecte énormément l'Histoire de la France et votre peuple. Nous ne pouvons pas parler contre la France."

· La ville de Marioupol détruite à 95%, Zelensky accuse la Russie de "terrorisme"

Interrogé sur la situation à Marioupol, ville du sud-est de l'Ukraine assiégée depuis bientôt deux mois, Voldymyr Zelensky a dépeint une situation catastrophique: "Les militaires ne sont pas les seuls à être otages, mais les civils sont aussi bloqués: des enfants, des personnes âgées... Ce n'est même plus la guerre mais plutôt une action terroriste de la part de la Fédération de Russie."

"Tout a été détruit, 95% de tous les bâtiments ont été détruits, y compris les écoles et les jardins d'enfants, les quartiers d'habitation. Vous devez comprendre qu'ils continuent de bombarder les 4-5% de vie qu'il reste, ils tirent partout. C'est la raison pour laquelle les gens ont tout simplement peur de sortir".

Lors de cet entretien, le président ukrainien accuse aussi la Russie de détenir des Ukrainiens ayant fui dans des territoires qu'elle contrôle dans des "camps spéciaux". "Toutes les personnes qui sont allées vers des territoires contrôlés par les Russes ont disparu", déplore Volodymyr Zelensky. "Vous devez savoir que toutes ces personnes ont disparu, dont plusieurs enfants qui sont allés dans cette direction. Elles se trouvent dans des camps spéciaux sur le territoire russe. C'est une grande tragédie."

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Volodymyr Zelensky: "Si Madame Le Pen comprend qu'elle s'est trompée, notre relation pourrait changer"

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