Donald Trump suscite l'embarras avec sa décision de ne plus recenser les sans-papiers

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La Cour suprême examinait, lundi 30 novembre, la décision de Donald Trump d'exclure les sans-papiers du recensement de la population. Selon la Constitution, le recensement doit avoir lieu tous les dix ans aux États-Unis. Il conditionne l’octroi d’aides fédérales aux États et, surtout, le nombre d’élus à la Chambre des représentants.

Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

En juillet, alors que le recensement était en cours, Donald Trump a donné l'ordre à son gouvernement de retrancher les sans-papiers au moment de l'allocation du nombre d'élus. Le président républicain avait expliqué ne pas vouloir « donner une représentation parlementaire à des étrangers » en situation irrégulière. Une décision qui avait été déboutée en première instance par la justice.

Les juges perplexes

Mais le président américain a demandé aux neuf juges de la plus haute instance du pays d’intervenir en urgence, Donald Trump étant censé transmettre début janvier au Congrès les résultats du recensement de 2020 et le nombre de sièges attribués à chaque État. Ils ont donc débattu lundi 30 novembre par téléphone interposé, du fait de la pandémie. « Le président a le pouvoir de déterminer que certains immigrants illégaux n’ont pas de lien stables avec les États », a plaidé Jeffrey Wall au nom de l’administration républicaine.

Sans surprise, ses arguments n’ont pas convaincu les trois juges progressistes de la Cour suprême. Même Amy Coney Barrett, tout juste nommée par Donald Trump, a semblé s’interroger sur le bien-fondé de la demande du président. « Vous savez que les immigrants, même illégaux, n’ont jamais été exclus du recensement », a rappelé la juge conservatrice.

Un enjeu crucial

Les neuf sages ont interrogé l’avocat sur la portée de cette interdiction : s’agit-il d’exclure du recensement les migrants menacés d’expulsion ? Ou bien les dix millions de clandestins présents sur le sol américain ? L'avocat du gouvernement a été incapable de dire si la mesure porterait uniquement sur les quelque 60 000 migrants en centre de rétention, sur les 200 000 menacés d'expulsion ou sur la totalité des immigrés irréguliers.

L'enjeu est pourtant crucial. Si les illégaux n’étaient plus comptés dans le recensement, la Californie pourrait par exemple perdre un siège à la Chambre des représentants.