Donald Trump et l'affaire russe: ce que l'on sait

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Manifestation anti-Sessions à Washington le 2 mars 2017

Washington (AFP) - Les turbulences de l'affaire russe ont atteint un autre pilier de l'entourage de Donald Trump, le ministre de la Justice, Jeff Sessions, accusé d'avoir menti sur des contacts passés avec l'ambassadeur russe aux Etats-Unis.

Voici ce qu'on sait de cette affaire à ce jour:

- Comment tout a commencé

Les agences américaines du renseignement ont accusé en octobre la Russie d'avoir piraté et diffusé, pendant la campagne présidentielle, des emails de proches conseillers de la démocrate Hillary Clinton dans le but de la discréditer.

Trois mois plus tard, le 6 janvier, les mêmes chefs espions publient un rapport indiquant que le président russe Vladimir Poutine se trouvait derrière cette interférence présumée.

Le ministère de la Justice, la police fédérale (FBI) et les agences américaines de renseignement continuent d'enquêter sur l'affaire.

Au Congrès, trois commissions du Sénat et une commission de la Chambre des représentants ont aussi lancé des enquêtes sur diverses facettes du scandale.

- Degré d'implication de Trump

Ces différentes enquêtes cherchent notamment à déterminer si des contacts ont eu lieu entre l'équipe de campagne de M. Trump et des responsables russes avant et après l'élection du 8 novembre, afin de mettre à jour une éventuelle collusion destinée à influencer le vote.

Plusieurs proches de M. Trump ont eu, depuis longtemps, des liens d'affaires avec la Russie ou avec l'ancien gouvernement ukrainien pro-russe. Parmi eux, Paul Manafort, l'ex-président de la campagne Trump, qui a démissionné en août pour cette raison.

La Maison Blanche a démenti avec véhémence des informations du New York Times selon lesquelles trois conseillers de Donald Trump auraient communiqué avec des responsables du renseignement russe.

Dans un communiqué jeudi soir, le président américain a accusé les démocrates d'avoir "perdu le sens de la réalité" et de mener "une chasse aux sorcières".

- Quelles conséquences?

Michael Flynn, conseiller à la sécurité nationale du président républicain, a été forcé à la démission le 13 février pour avoir eu plusieurs discussions avec l'ambassadeur russe aux Etats-Unis, Sergueï Kislyak, y compris le jour où le président sortant Barack Obama a annoncé l'expulsion de 35 diplomates russes en représailles à l'interférence.

Les enquêteurs cherchent à savoir si M. Flynn a évoqué les sanctions contre Moscou dans ces conversations.

Michael Flynn, qui a conseillé M. Trump pendant la campagne sur les questions de sécurité nationale, a été payé par la Russie pour assister à un gala en 2015 à Moscou, où il était assis à côté de Vladimir Poutine.

Jeudi, les chefs démocrates ont réclamé que le ministre de la Justice démissionne lui aussi pour avoir caché ses contacts avec le même ambassadeur lors de son audition de confirmation au Sénat.

Dans son communiqué, M. Trump a estimé que M. Sessions "n'a rien dit de faux" devant les sénateurs, reconnaissant qu'il aurait pu répondre "plus précisément" aux questions des parlementaires. "Mais ce n'était clairement pas intentionnel", a-t-il ajouté, après l'avoir assuré plus tôt de sa "totale" confiance.

- Procureur indépendant?

En tant que ministre de la Justice, Jeff Sessions supervise le FBI et donc les diverses enquêtes sur ces affaires russes.

Dans l'hypothèse où M. Sessions ferait lui-même l'objet d'une enquête, des élus des deux camps l'ont appelé à se déclarer incompétent sur ce dossier.

Ce qu'il a fait jeudi, en annonçant qu'il se récusait de toute enquête portant sur la campagne.

Il a démenti avoir commis un quelconque acte illicite lors de ces rencontres ou d'avoir menti pendant ses auditions de confirmation.

Les démocrates craignent que les républicains, qui contrôlent le Congrès, n'étouffent ces enquêtes pour protéger le président américain.

Plusieurs d'entre eux ont appelé à lancer une enquête bipartite indépendante qui nécessiterait la nomination d'un procureur indépendant, la création d'une commission d'experts sans liens avec le gouvernement ni avec une commission au Congrès.

Les enquêteurs pourraient aussi chercher à déterminer les liens financiers présumés de Donald Trump avec la Russie ou à confirmer d'autres allégations non vérifiées contenues dans un dossier rédigé par un ancien espion britannique.

Mais les républicains ont jusqu'à présent refusé d'aller au-delà des enquêtes en cours au sein des commissions parlementaires.

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