Donald Trump, une fin de règne en plein chaos

Ambre Lepoivre
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Donald Trump, le 7 décembre 2020 - Saul Loeb - AFP
Donald Trump, le 7 décembre 2020 - Saul Loeb - AFP

A quelques jours de la transmission de pouvoir à Joe Biden, Donald Trump signe une fin de mandat tumultueuse. Si la victoire de son adversaire a pu être officialisée dans la nuit de mercredi à jeudi, la séance a été boulerversée par l'intrusion violente et inédite de militants pro-Trump dans le Capitole.

Une partisane du milliardaire a été mortellement blessée par un tir de la police au cour de cette intrusion. Trois autres personnes ont perdu la vie dans le secteur de la colline du Capitole mais les autorités s'abstiennent pour l'instant de lier directement ces décès aux violences.

Dans ce climat d'insurrection, insufflé par Donald Trump, qui a lui-même appelé ses supporteurs à défier le Congrès lors d'un discours tenu en fin de journée, une partie de l'entourage du président sortant s'est désolidarisée de son leader. Ce jeudi, cinq membres de son administration ont présenté leur démission.

"Je ne peux pas faire ça, je ne peux pas rester. On ne s'est pas engagés pour voir ce qui s'est produit hier soir (...) Donald Trump n'est plus le même qu'il y a huit mois", a expliqué l'ancien chef de cabinet de la Maison Blanche, Mick Mulvaney, à CNBC.

Croisade post-électorale

Après cette journée qui pourrait s'avérer désastreuse pour son avenir politique, Donald Trump a promis qu'il quitterait la Maison Blanche le 20 janvier. Réaffirmant son "complet désaccord" avec le résultat, il s'est engagé à un transfert du pouvoir "ordonné". Un volte-face qui pourrait être insuffisant pour sauver la cote de popularité du président sortant, de plus en plus isolé dans son propre camp.

Depuis plus de deux mois, il refuse d'accepter sa défaite et souffle sur les braises de la division en brandissant des théories du complot. Une croisade post-électorale ponctuée d'échecs devant les tribunaux et élus locaux qui ont rejeté les uns après les autres les accusations de fraudes brandies par Trump. Vexé, ce dernier s'en est pris avec une extrême virulence à son propre camp, qualifiant les ténors républicains de personnalités "faibles" et "pathétiques", qu'il a par ailleurs tenté de manipuler.
Samedi, Donald Trump a en effet demandé à un haut responsable de "trouver" les bulletins de vote nécessaires pour annuler sa défaite dans l'Etat de Géorgie, au cours d'un appel stupéfiant diffusé dimanche par le Washington Post.

"Il n'y a pas de mal à dire que vous avez recalculé (...) Tout ce que je veux, c'est trouver 11.780 bulletins (...) parce que nous avons gagné cet État", a-t-il par exemple réclamé à Brad Raffensperger, l'élu républicain en charge des élections dans cet État.

"Désespéré et corrompu"

La diffusion de cet enregistrement, que la Maison Blanche n'a pas souhaité commenter, a immédiatement suscité une onde de choc à Washington.

"Le mépris de Trump pour la démocratie est mis à nu", a notamment commenté l'élu démocrate Adam Schiff, jugeant ses pressions "potentiellement répréhensibles". Sa consoeur Debbie Wasserman Schultz a dénoncé l'acte d'un "président désespéré et corrompu".

"C'est accablant", a pour sa part tweeté l'élu républicain Adam Kinzinger, appelant les membres de son parti à ne pas suivre le président dans sa contestation des résultats. "Vous ne pouvez pas faire ça en ayant la conscience tranquille", leur a-t-il lancé.

Pour clore cette dernière partie de mandat chaotique, les démocrates ont remporté le contrôle du Sénat mercredi grâce à deux élections partielles en Géorgie, permettant au président élu Joe Biden de gouverner avec une plus grande marge de manoeuvre.

"Il est temps de tourner la page. Les Américains demandent de l'action et veulent de l'unité et je suis plus optimiste que jamais sur le fait que nous y parviendrons", a écrit dans un communiqué le nouveau président des États-Unis.

Article original publié sur BFMTV.com