Don du sang : le don gratuit, un référent républicain

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En France, dix mille dons du sang sont nécessaires par jour. Ces dons permettent de soigner un million de malades. A première vue largement atteignable au regard de la population française, le nombre de donneurs n’est pas suffisant. Pourtant, un don du sang est d’une simplicité déconcertante et ne coûte que quelques minutes, le temps de répondre à une petite série de questions et de se faire prélever quelques décilitres de sang. Alors que le débat revient annuellement sur la table à l’occasion de la Journée mondiale des donneurs de sang ce vendredi 14 juin, l’Établissement Français du sang nous alerte sur les réserves de sang qui sont au plus bas depuis 2011. Comment résoudre ce problème structurel sans atteindre aux principes éthiques qui fondent le don du sang ?

C’est à l’Établissement français du sang de constituer et gérer les stocks de sang afin d’élaborer et de distribuer en permanence des produits sanguins. C’est sa mission de service public, c’est à lui au premier chef de mener des actions de communication à l’échelle nationale pour inciter les donneurs enregistrés et les donneurs potentiels à donner leur sang. Mais c’est aussi aux réseaux militants impliqués dans la santé publique de mobiliser les consciences et aux entreprises leurs salariés autour de la question de ce don si particulier, qui a la grande vertu de sauver d’innombrables vies. Certains actes héroïques ne nécessitent pas d’autres aptitudes particulières que donner sans que ça ne coûte, que de s’inscrire dans une chaîne de solidarité fondée sur l’altérité et régie par quatre grands principes fondateurs édictés dans la loi du 21 juillet 1952 sur la transfusion sanguine : l’anonymat, le bénévolat, le volontariat et le non-profit. La loi du 4 janvier 1993 relative à la sécurité en matière de transfusion sanguine et des médicaments a renforcé ces principes éthiques, qui figurent par ailleurs dans des recommandations et chartes de droit international, et la très grande majorité des professionnels interrogés estime qu’il faut préserver ces valeurs à tout prix (86,2 %).

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