Domination, popularité, transgression, les bonbons ont une place de choix au collège

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Si on associe souvent ces sucreries à l'enfance, elles s'invitent aussi à l'adolescence. Là, elles peuvent jouer un rôle d'intégration ou refléter des rapports de force. On pourrait penser qu'on ne trouve pas de bonbons dans les établissements du secondaire, que ce sont des aliments enfantins, dégustés lors d'anniversaires ou autres fêtes. Pourtant, ces sucreries qui, selon beaucoup de parents, doivent rester de l'ordre de l'occasionnel, s'invitent quotidiennement au collège. Bien qu'elles soient très souvent interdites dans le règlement intérieur des établissements scolaires, les élèves en consomment dans la cour de récréation, mais aussi en classe, avec plus ou moins de discrétion en fonction de l'enseignant –et de l'élève. Au collège, les bonbons n'ont pas simplement une fonction gustative hédonique, ils ont aussi une fonction sociale. C'est ce que révèle l'enquête ethnographique que j'ai menée, par observation participante en classe, à la cantine et dans la cour de récréation, pendant deux années successives (2010-2011) dans deux classes de cinquième. J'ai pu observer que les bonbons, en tant qu'aliments associés au plaisir et à la récompense, jouent un rôle dans l'intégration au sein d'un groupe. En effet, trouver sa place parmi ses pairs constitue un des enjeux principaux pour les élèves au collège, si ce n'est le premier. À LIRE AUSSI Comment devenir riche en vendant des bonbons à l'école Les multiples fonctions des bonbons Mon enquête montre que les bonbons aident à construire des relations d'amitié, par exemple dans la cour de récréation: on n'en donne qu'à ceux que l'on considère comme faisant partie de son cercle d'amis. Ce partage amical peut également avoir lieu en salle de classe, bien que, dans ce cas-là, consommer des bonbons revête souvent un autre sens: il s'agit d'un acte transgressif... Lire la suite sur Slate.fr.