"Je lui dois ce que je suis" : après sa victoire, Bardella met en scène sa fidélité à Le Pen en vue de 2027

Le nouveau président du RN Jordan Bardella en compagnie de Marine Le Pen, lors du congrès du RN à Paris le 5 novembre 2022
 - Alain JOCARD © 2019 AFP
Le nouveau président du RN Jordan Bardella en compagnie de Marine Le Pen, lors du congrès du RN à Paris le 5 novembre 2022 - Alain JOCARD © 2019 AFP

Le nouveau président du Rassemblement national a mis ses pas dans ceux de la patronne des députés RN. "Nous allons succéder à Emmanuel Macron", a-t-il promis, à la tribune de la Maison de la mutualité ce samedi après-midi.

Un président du Rassemblement national qui n'est pas un Le Pen pour la première fois depuis 50 ans. Pour son tout premier discours en tant que dirigeant du parti - après des mois d'intérim -, Jordan Bardella a veillé à rassurer tout en se projettant vers la prochaine présidentielle.

"Je dois ce que je suis à Marine Le Pen. Elle m’a fait découvrir la politique (...) Je voudrais dire à Marine ma reconnaissance et ma fierté de travailler avec elle mais surtout pour elle", a avancé le jeune homme de 27 ans, à l'ascension éclair, ce samedi après-midi à la Maison de la Mutualité à Paris.

"Le peuple de France forcé à subir une politique migratoire"

Le député européen l'a largement emporté face à Louis Aliot avec 84% des voix ce samedi, au terme d'une compétition interne sans grand suspense. Le désormais numéro un du parti faisait figure de grand favori tant il bénéficie depuis des années de la confiance de Marine Le Pen.

En seulement dix ans au sein du RN, Jordan Bardella peut se vanter d'avoir fait en tant que tête de liste le meilleur score du parti aux européennes en 2019 - un point devant Renaissance - et d'avoir tenu la barque lors de la présidentielle en croisant le fer avec pas moins de 4 ministres lors de la présidentielle.

"Notre pays n’a pas vocation à être l’hôtel du monde. Le peuple de France est forcé de subir une politique migratoire qu’il n’a pas choisie", a encore jugé le nouveau patron du mouvement, reprenant à son compte les classiques du parti.

"L'alternance, c'est l'urgence"

Parmi sa feuille de route des prochaines années pour parvenir à faire entrer Marine Le Pen à l'Élysée, l'élu devrait mettre l'accélérateur sur les élections européennes avec l'espoir de dépasser les 30% en 2024. Gagner des villes lors des prochaines municipales fait également partie de ses objectifs alors que son parti ne détient qu'une seule commune d'ampleur, Perpignan, dirigée par son ancien concurrent.

Pour ce faire, Jordan Bardella a demandé aux militants "de l’exemplarité", "de la discipline", et "de la responsabilité", promettant que le RN allait "succéder à Emmanuel Macron".

"Nous déjouerons, comme nous l'avons fait pour les législatives tous les scénarios joués d'avance (...). L'alternance, c'est l'urgence", a également lancé le nouveau taulier du RN.

"Un navire qui suit le cap"

Enfin, le vingtenaire est apparu soucieux de donner des gages d'apaisement, après des tensions ce samedi après-midi. Le maire d'Hénin-Beaumont, Steeve Briois qui soutenait Louis Aliot dans la course à la présidence, a dénoncé un "rabougrissement" et un "début de purge" du parti après son exclusion de la plus haute instance du mouvement.

"Nous travaillons en harmonie comme l’équipage d’un navire qui suit le cap pour le ramener à bon port", a tenu à souligner le président du mouvement.

De quoi filer encore la métaphore de la "France apaisée", utilisée avec un certain succès par Marine Le Pen lors de la dernière présidentielle.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Jordan Bardella rend hommage à Marine Le Pen : "Elle m'a fait découvrir la politique, elle m'a donné le goût de l'engagement"