«Dogman», toutou rien

Libération.fr

molosses. Malgré un acteur exquis et ses relents de vieux cinéma populaire italien, la fable canine de Garrone pèse des tonnes.

Trop bon, trop con, le gentil héros du nouveau film de Matteo Garrone ? Marcello est ce toiletteur pour chiens, père divorcé d’une gamine adorable et adorée, petit dealer de poudre à ses heures et figure du quartier guère avenant de la périphérie d’une ville du sud de l’Italie, où il tient boutique. C’est un petit homme, par la taille mais aussi par cet être au monde coulant et affable de ceux qui n’affichent pas forcément la carrure propice à imposer leur point de vue. Une aménité, une propension à trouver toujours le bon sens du poil, qui le rendent expert à amadouer hommes et bêtes, caniches, dalmatiens plus imposants que lui ou molosses fulminants : les scènes les plus réussies de Dogman sont celles qui le mettent aux prises, en situation de dompteur aux manières douces, avec les toutous dont il a charge de coiffage, garde ou toilettage de concours.

Il y a toutefois une bête rodant dans le quartier que nul, pas même «Marcé», ne sait mater : le colosse Simoncino, brute épaisse, cokée sans soif, qui enfonce tout ce qui s’oppose à lui à coups de boule et entraîne le bon Marcello dans des combines minables, dont il s’accapare chaque fois le bénéfice, jusqu’à envoyer son comparse réticent purger peine de prison et infamie locale à sa place. On décèle sans mal dans cette masse ogresque, et au gré des jeux d’échelles auxquels s’adonne volontiers le film comme saisi de ravissement par la disparité de gabarits en présence, combien s’exprime là une nouvelle fois le goût de Garrone pour les corps un peu aberrants, la libre circulation des signes entre figures humaines, bêtes et pures créatures.

La majesté du décor décati, sa stature de conte social sondant l’infortune des gens de peu, et surtout son exquis acteur principal (le très délicat Marcello Fonte, à la rondeur embué de simili-Luis Rego transalpin, aussitôt bombardé candidat de poids pour (...)

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