Des documents secrets montrent la violence de la répression chinoise contre les Ouïghours

AFP
Officiellement, cette photo prise dans la région du Xinjiang en septembre 2018 est celle d'un centre éducatif. Mais selon les témoignages et les documents publiés par le NYT, il pourrait s'agir d'un des centres de détention utilisés contre la population ouïghoure. 

D’après des organisations de défense des droits de l’Homme, plus d’un million de musulmans, principalement d’ethnie ouïghoure, sont en détention dans la région du Xinjiang.

INTERNATIONAL - Le président chinois Xi Jinping a donné l’ordre dès 2014 d’être “sans aucune pitié” contre le terrorisme et le séparatisme dans la région à majorité musulmane du Xinjiang, selon des documents internes au régime communiste révélés par le New York Times.

D’après des organisations de défense des droits de l’Homme, plus d’un million de musulmans, principalement d’ethnie ouïghoure, sont en détention dans cette vaste région du nord-ouest de la Chine, à la suite d’une campagne de répression contre le terrorisme et l’islamisme engagée ces dernières années.

Les plus de 400 pages de documents secrets publiés ce week-end du 16 et 17 novembre par le prestigieux quotidien américain offrent un très rare aperçu des mécanismes à l’oeuvre au Xinjiang, en réaction à des attentats attribués à des indépendantistes ouïghours.

Selon le NYT, cette énorme fuite laisse à penser que la politique suivie au Xinjiang ne fait pas l’unanimité au sein du pouvoir chinois. Les documents ont en effet été transmis par un membre de l’appareil, qui a émis l’espoir qu’ils empêchent le régime, y compris le président Xi, “d’échapper à sa culpabilité pour les détentions généralisées” dans cette région.

Un “guide” pour répondre aux questions des proches inquiets

Les documents comprennent entre autres un discours secret de Xi Jinping de 2014, dans lequel le président chinois appelle à lutter “sans aucune pitié” contre “le terrorisme, l’infiltration et le séparatisme” en recourant “aux armes de la dictature démocratique populaire”.

Ce discours a été distribué à partir de 2016 aux hauts fonctionnaires locaux pour justifier la répression, avec l’ordre de “rafler tous ceux qui doivent l’être”.

Pékin dément le chiffre d’un million de personnes en détention dans des camps de rééducation politique, préférant parler de “centres de formation professionnelle” destinés à lutter contre la radicalisation islamiste.

Parmi les documents cités par le NYT, figure un “guide” destiné à répondre aux questions des... Retrouvez cet article sur le Huffington Post

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