DOCUMENT FRANCE 3. Violences policières : des adolescents harcelés et discriminés par la police à Paris

Dans les fichiers de police, on les appelait les "indésirables". Pendant trois ans, des jeunes hommes du 12e arrondissement de Paris, à l’époque mineurs, ont été contrôlés au quotidien, fouillés sans motif particulier. Après un incident de trop, ils sont 18 à avoir porté plainte pour pratique discriminatoire et ont fourni à la justice des vidéos. Il y a d’abord les insultes de la part des policiers, puis les interpellations récurrentes et musclées, des amendes à répétition et des termes racistes. "Ils aimaient bien provoquer. On avait des surnoms, aujourd’hui, c’est ‘le singe’, demain, c’est ‘le gorille’. Avec les amendes, en nous frappant, en nous insultant, ils voulaient vraiment nous rendre fous en fait", explique l’un des jeunes. "Une discriminaton systémique"Le Défenseur des droits a transmis un rapport à la justice sur cette affaire. Il pointe "une discrimination systémique". "Sur instructions de la hiérarchie, des opérations de patrouille ont été mises en place ayant pour objectif de repérer les regroupements de jeunes et de les 'évincer', c'est-à-dire de leur demander de quitter les lieux lorsqu' [il y a] des nuisances de type tapage", écrit-il dans son rapport. Devant la multiplication des manifestations contre le racisme dans la police et les violences policières, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé, lundi 8 juin, une "tolérance zéro" à l'égard du racisme parmi les forces de l'ordre, annonçant une suspension "systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré" en la matière. Une réforme "en profondeur des inspections du ministère de l'Intérieur", pour "plus d'indépendance", aura lieu.