A Dnipro, dernier hommage à un entraîneur de boxe aimé et respecté

Elèves, collègues d'entraînement, voisins, proches... : ils étaient des centaines, mardi à Dnipro, à rendre un dernier hommage à Mykhaylo Korenovsky, un entraîneur de boxe ukrainien tué samedi dans son immeuble éventré par un missile russe.

"Je me souviendrai de lui comme d'une personne ouverte et honnête, toujours prête à aider", témoigne Artem Birioukov, l'un de ses élèves, lors de cette cérémonie d'adieux.

"Grâce à lui, je suis devenu ce que je suis aujourd'hui. Il était comme mon second père".

Près du cercueil, une photo de Korenovsky. Sa veuve pleure en silence, serrant contre elle des fleurs rouges.

D'autres proches sont en larmes. De nombreux bouquets reposent là, dont une gerbe de fleurs bleues et jaunes, les couleurs du drapeau ukrainien.

Nombre des boxeurs formés par Korenovsky, entraîneur principal de l'équipe nationale, ont remporté des compétitions dans le pays et à l'étranger, rappelle Oleksiy Shevchenko, qui fut un temps son professeur. "L'ensemble de l'Ukraine le respectait".

Comme au moins 44 autres personnes, dont six enfants, Korenovsky a été tué lorsqu'un missile russe a frappé samedi son immeuble résidentiel, de conception soviétique, à Dnipro (centre-est), la capitale de la région de Dnipropetrovsk.

Au lendemain du carnage, les Ukrainiens ont partagé en ligne une photo de son appartement éventré.

Un mur extérieur s'était effondré, exposant la cuisine moderne de la famille, avec ses meubles jaune vif. Resté sur la table, un bol de pommes.

Sa femme et ses deux filles n'étaient pas là au moment du drame, parties se promener. "Il allait les rejoindre", assure Oleksiy Shevchenko.

"Ma famille est bouleversée", déclare Taras Ivanov, dont le fils s'est entraîné avec Korenovsky pendant trois ans. "Tout en moi tremble. Cet homme est une légende".

Mardi, les secours ont arrêté leurs recherches de survivants dans les décombres de l'immeuble. Trente-neuf personnes ont pu être sauvées, 70 ont été blessées, une vingtaine restent postées disparues.

Plus de 400 personnes sont sans domicile, 236 appartements ont été endommagés, selon la présidence ukrainienne.

La veille des obsèques de Korenovsky, une jeune fille de 15 ans a été enterrée. Mercredi, ce sera le tour de deux jeunes femmes, qui travaillaient toutes deux comme dentistes.

En Russie, quelques habitants de la capitale ont déposé des fleurs dans la neige à la mémoire des morts de Dnipro, devant le monument à la célèbre poétesse ukrainienne Lessia Ukrainka.

Comme lors d'épisodes précédents, Moscou a nié toute implication dans ce qui est un des bombardements les plus meurtriers depuis le début de l'invasion russe, le 24 février 2022.

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